Débordement de joie sur la ville caennaise

La manifestation de samedi dernier a été déclarée par les syndicats locaux après plusieurs week-ends de mobilisation autonome, mais ce n’est pas vraiment ceux-ci qui ont attiré les projecteurs lors de cette journée.

Des personnes ont mis à disposition deux camions avec des enceintes pour y passer du son tout le long de la manif, sur le camion étaient affichés des slogans contre les mesures liberticides actuelles et un soutien à la culture et contre la répression des supposé.e.s organisateur.ice.s de la Mask’arade (la fameuse teuf du nouvel an qui n’a provoqué aucun cluster selon l’ARS Bretagne).

Nous nous sommes retrouvé.e.s devant le Monoprix boulevard Maréchal Leclerc, beaucoup de personnes commençaient déjà à danser autour des caissons alors que d’autres s’échangeaient des tracts et prenaient des nouvelles les un.e.s des autres alors que le couvre-feu et les mesures sanitaires nous empêchent encore de nous retrouver à d’autres occasions.

Le cortège a commencé à partir avec les syndicats devant et les camions à l’arrière. L’ambiance tout au long du parcours était très différente d’un bout à l’autre du cortège, entre les deux pas mal de personnes avaient sortis les parapluies noirs pour se protéger des armes de la police et des slogans anti-fascistes, anti-racistes, anti-flics et anti-capitalistes retentissaient dans la ville. La manif s’est terminée vers 16h30 à Place de la République.

On était un certain nombre à imaginer les cortèges autonomes accompagnés de toutes les nouvelles têtes du camion de fin de cortège partir directement en manif sauvage pour zbeuler la ville caennaise, laissant les autres rentrer pacifiquement chez elleux.
En fin de compte, le camion qui attirait l’attention de toustes s’est arrêté également à Place de la République et l’ensemble des manifestant.e.s ont stagné un bon moment sur cette place.

Entre quelques blagues sur les moyens de motiver les danseur.euse.s à prendre la préfecture en leur faisant croire qu’il y avait de la musique à l’intérieur, quelques personnes tentaient de communiquer de chaque côté pour voir si le camion était prêt à suivre.

Le camion a stoppé la musique après une trentaine de minutes de défoulement et nous sommes enfin parties en sauvage, la détermination et les slogans anti-flics au rendez-vous, mais les idées d’actions et de zbeul n’émergeaient pas vraiment. Tout cela s’est terminé par des dizaines de minutes de provocations entre la police et les manifestant.e.s le long du tram à côté de l’église Saint-Pierre, dans un espoir tenace que celleux-ci lancent des lacrymos pour qu’on puisse au moins céder et rentrer chez nous pour quelque chose de plus matériel que notre peur de la police.

Que penser des camions de teuf en manif ? S’animer dans l’intensité de ces danses va vraiment nous permettre de dépasser la vieille habitude des marches pacifiées ? Peut-être, peut-être pas.

Il faudrait à mon sens (la personne qui écrit) remercier les personnes qui ont organisé la venue de ce camion et les personnes qui sont venues pour danser. Leur initiative témoigne d’une réappropriation festive de l’espace même dans les pires périodes de l’État policier. Il a permis à plein de monde de se revoir et à plein de gens de pouvoir enfin redanser à nouveau dans une foule. Si les personnes concernées veulent nous faire part du sens de leur initiative ou de tout autre chose, n’hésitez pas à nous faire parvenir une contribution ou un communiqué ! Leur camion a, semble-t-il, été entièrement fouillé et contrôlé par la police, leur laissant la seule amende qu’iels ont pu leur mettre, cette répression systématique des initiatives spontanées doit être dénoncée et il serait bon d’empêcher à l’avenir que de telles contrôles acharnés se produisent, ou au moins de les dénoncer par l’image.

Espérons que la suite soit riche en nouvelles idées et initiatives malgré les difficultés qu’on rencontre toustes dans des journées étouffantes dues aux mesures de couvre-feu et d’état d’urgence sanitaire. On en a toustes sans doute un peu marre de ne pas pouvoir nous voir, partager nos ressentis, nos angoisses, créer de nouveaux affects et en faire une force explosive qui mette fin à toutes les formes d’oppressions et de dominations toussa toussa. Un rassemblement de mercredi pour la réouverture des universités aura lieu Mercredi 20 au Phénix du Campus 1 à 15h. Même si nous ne sommes pas toustes d’accord sur le sujet de ce rassemblement, ça peut toujours servir de prétexte à revoir et rencontrer du monde, et nous engager dans de nouvelles aventures !

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