Compte-rendu de la manifestation caennaise du 12 décembre contre la loi sécurité globale

Une dizaine de personnes s’était donnée rendez-vous place Saint Sauveur aujourd’hui à 15h. Répondant à l’appel du parti d’extrême droite du sinistre Florian Philippot, Les Patriotes, les manifestant·e·s se sont réuni·e·s autour de la statue de Louis XIV pour crier en silence leur colère contre le confinement. Ah non ? C’est pas le compte-rendu de cette manifestation là que vous attendiez ? Ah mince, pardon…

Alors place du théâtre, une douzaine d’anti-vaccins se sont regroupé·e·s sans masque pour… Quoi ? Toujours pas ? Mais de quelle manifestation voulez-vous le compte-rendu ? Ah la manifestation contre la loi Sécurité Globale ? Celle qui n’a pas eu lieu car, bien que le préfet ne l’ait pas interdite officiellement, il a donné l’ordre à ses flics d’empêcher tout regroupement ? Bon bah d’accord, faisons un point sur cette manifestation mais ça va être vite fait…

Un appel avait été lancé pour se rassembler devant Monoprix afin de se lancer en manifestation contre la Loi Sécurité Globale. Cette manifestation non déclarée (car les organisations officielles n’avaient pas appelé à se rassembler) n’avait pas été interdite par le préfet. Le centre-ville n’avait pas été interdit non plus à la surprise générale (il fallait bien que les patriotes puissent faire leur rassemblement avec leurs drapeaux français…). Pourtant, ce samedi à 14h30, tous les accès au point de rendez-vous étaient bouclés par des gendarmes mobiles, des flics de la CSI et des bacqueux. Pour les quelques un·e·s qui passaient les contrôles sans encombres, un groupe de gendarmes mobiles attendait au point de rendez-vous pour verbaliser quiconque sortait un drapeau ou un mégaphone. Malgré cet arsenal répressif, cette interdiction non officielle d’une manifestation, quelques dizaines de courageux·ses se sont élancé·e·s en centre-ville au son d’un timide « Tout le monde déteste la police », une réussite là où un cortège plus massif n’y était pas parvenu la semaine précédente. La manifestation s’est poursuivie jusqu’à 17-18h obligeant la BAC à intervenir dans les rues bondées du centre-ville. Cette journée peut sembler être une défaite pour l’opposition caennaise à cette loi liberticide, le préfet n’ayant visiblement pas apprécié la plaisanterie d’un molotov qui n‘aura brûlé que le goudron du parking de la préfecture. Pour autant ne nous démobilisons pas. Si le préfet veut empêcher toute contestation, il n’en tient qu’à nous d’être plus malin·gne·s, manifestons si possible, sabotons discrètement si c’est le seul moyen auquel on nous contraint, soyons inventif·ves et spontanné·e·s, improvisons là où les méthodes de luttes traditionnelles semblent montrer leurs limites, envoyons des messages en masse à nos député·e·s si la police nous effraie (à juste titre car la police reste une institution très violente) mais luttons. Merci à celleux qui ont eu le courage de venir cet après-midi, merci à celleux qui ont bravé les contrôles de police pour se rassembler devant le Monoprix comme prévu, merci aux téméraires qui ont perturbé la normalité marchande du centre-ville, merci aux syndicalistes présent·e·s à titre individuel, merci aux jeunes présent·e·s en nombre malgré la répression de ces dernières semaines, merci à toustes celleux présent·e·s aujourd’hui (que ce soit physiquement ou par la pensée car tout le monde ne peut pas venir dans le cortège). Courage à celleux qui ont écopé d’une amende pour une pancarte, pour une chanson ou qui ont été emmené·e·s au commissariat pour un drapeau… Monsieur le préfet a gagné une bataille, déclarons lui la guerre.

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