Paragraphes optimistes pour ériger le partage en drapeau, avant de le déchirer et d’ériger le drapeau en partage (pour raccorder nos chemises trouées par exemple, ou pour en faire des mouchoirs, comme tu veux, tu es libre dans le partage), sers toi c’est gratos

/ L’article est potentiellement compliqué à lire pour certain.e.s, les idées développées visent à éclairer la transformation du monde en imaginant les voies d’un monde qui est déjà là, incarnés dans des pratiques et des émotions, mais n’est pas forcément considéré comme tel par beaucoup de monde, ainsi les tournures de phrase peuvent être un peu tirées par les cheveux et les formules maladroites. Les idées développées peuvent également apparaitre évidentes pour des personnes ayant l’habitude de manier des concepts et des idées ressemblant à ceux mobilisés dans cet article, et au contraire pas du tout pour d’autres, un effort a été fait pour revoir des formules, des mots, rendre les idées plus claires et plus explicites, mais c’est compliqué, vraiment. Bonne lecture. /

Honnêtement, les dernières actualités médiatiques ont été assez dures à encaisser. Moi, honnêtement, ça allait. Le travail que je faisais m’a suffisamment occupé l’esprit pour que je puisse éviter de me tordre dans des indissolubles débats sur quoi penser de la fabrication illusoire d’un rapport de force par le gouvernement français contre des entités proclamées ou assimilées « musulmanes ».

Puis il y a eu l’annonce de reconfinement, que j’ai à peine anticipée, que j’ai presque trouvé amusante avant de commencer à me poser des questions quand j’ai vu les mines déconfites de copaines militant.e.s. suite à cette annonce.

C’est pas pour rien que tout cela arrive en même temps je pense. J’avais donc envie de discuter de ces questions en vrac pour m’essayer à un éclairage de la situation, bien sur qui n’appartient qu’à moi et dont le point de vue sera peut être différent du vôtre.

On commence à le savoir, tout n’est que spectacle, manipulation de l’information, pour la valoriser et la rendre attractive pour tout le monde quand bien même celle-ci n’a aucune importance dans ce qu’elle est concrètement, ou pour inventer ou extrapoler des ennemi.e.s intérieur.e.s et extérieur.e.s à une communauté illusoire, souvent représentée comme la nation ou le peuple français. Ca fait beaucoup d’illusions à la fois, mais si on y regarde à deux fois, c’est toujours pareil, il s’agit de faire en sorte que les riches et les gouvernant.e.s soient assimilées aux sauveur.se.s dont les autres ne peuvent se passer, et l’accumulation de profit sert à donner un semblant de symbole de progrès à ce système social somme toute éclaté au sol. Derrière l’illusion, il y a le capitalisme. En gros, quand deux nations ennemies se regardent, genre l’État Français et l’État Islamique, celleux qui parlent en leur nom voient dans l’autre l’envers de leur propre image, mais en vrai elles ne ressemblent à rien hormis à des communautés illusoires qui décrivent la forme du mode de production capitaliste.

Pour revenir à une contexte plus proche, il faut s’avouer que la crise sanitaire arrange bien les choses pour celleux qui veulent que le monde continue à leur garantir leurs privilèges. Celle-ci leur permet de déployer un arsenal sécuritaire bien dégueulasse et, et c’est à la fois très lié et d’autant plus déterminant, de nous tenir atomisé.e.s dans nos obligations personnelles, loin de toute solidarité et de la création de nouveaux rapports sociaux qui s’opposent à leur monde et peuvent le détériorer de l’intérieur.

C’est dans ce contexte qu’émerge ce que je vois comme un « faux confinement ». Presque tout continue, en vrai, c’est surtout nos solidarités, le fait de voir nos potes, nos proches, nos crushs, qui est tout à coup criminalisé. Et tout doit être justifié dans les règles de l’administration macronnienne ou du ministère de l’Intérieur qui gouverne sans doute au moins autant que lui. Sans dire que c’est tout à fait intentionnel de la part du gouvernement, c’est bien cette dimension de notre vie que celui-ci a jugé comme secondaire et comme le sujet où se négocie l’amende et la déviance. C’est inquiétant, bien entendu, mais c’est surtout absurde, car nos solidarités sont, en tous cas, pour ma part, et j’espère aussi pour vous pour me reconnaître dans une humanité résonnante avec ce que je suis, irréductibles à toute forme de limitation économiciste, sécuritaire, même sanitaire.

Le point déterminant, ça va être la capacité de la police à réprimer une étendue massive et incontrôlable de relations. On peut se demander comment réinscrire des rapports de force dans tout ça.

Plutôt que de vouloir un mouvement social uniforme, ne faut-il pas l’imaginer comme une explosion de plein d’endroits et de moments où nous nous soutenons et où nous disons « nous ne voulons plus qu’on nous impose nos faits et gestes, nous prenons la situation en main, sans avoir honte d’échouer. » ?

Un monde qui se reproduit au moment où il s’arrête, où nous situons nous ?

Crise économique + crise environnementale + crise sanitaire + crise identitaire, c’est quand même pas de bol que tout cela arrive en même temps, on croirait vivre un cauchemar. Reprenons nous quelques minutes, même si les personnes qui produisent l’information que l’on consomme ont tout intérêt à ce que notre souffle cède à la panique, comme si chaque battement de coeur et chaque geste précipité sur nos télécommandes et nos portables étaient leurs seuls repères pour qu’iels s’autosatisfassent de leur performance. Accumulation de panique, accumulation de catastrophes, il faudrait se méfier, mais pas en livrant notre méfiance à exploitation et à nous déconnecter des choses sur lesquels nous avons déjà une prise, ici et maintenant.

La crise économique, ça ne veut plus rien dire. C’est comme si, au moment où le capitalisme s’affirme dans le monde moderne entre répression et administration des choses et des personnes et non respect de tout ce qui, dans leur vie, n’est pas réductible à cette administration, il était déjà en crise. La crise, c’est celle, alimentaire, qui va pousser ceux qui savent mieux que les autres à les exproprier de leurs terres pour prendre en charge la production (et asservir par ce biais des environnements à des logiques productivistes1). C’est, ensuite, celle, sociale et sanitaire, de l’accumulation de pauvres en ville, qui inquiète les classes dominantes et vivent dans une précarité telle qu’il s’y développe des maladies et des révoltes, qu’il faut faire travailler dans des espaces où le travail est aussi une rééducation, une discipline, qui ne prend pas en compte les savoirs faire des travailleureuses en question, c’est la révolution industrielle2. C’est ensuite, celle, face aux révoltes ouvrières, de l’administration de la ville, de la production des espaces et de la délocalisation des centres ouvriers, et plus tard l’encadrement et la fragmentation des populations vivant dans les quartiers populaires pour, encore une fois atomiser les solidarités populaires et pour les dominant.e.s, d’administrer un monde numérique et urbain qui maintienne les masses dans l’atomisation et la discipline3. C’est maintenant celle d’un monde déséquilibré, livré à l’effondrement et aux catastrophes industrielles, sanitaires et terroristes.

Toujours le même schéma, mais pour favoriser ces transformations, il faut aussi considérer que les masses populaires sont des choses, au mieux incapables au pire dangereuses, et il faut empêcher à tous prix que celles-ci fassent ce qu’elles veulent, sans tenir compte des prescriptions administratives de l’État et des grandes entreprises qui se côtoient et marchent dans la même direction.

C’est là où survient la production identitaire d’un.e ennemi.e intérieur.e, dont l’imagerie amalgame l’ensemble des populations qui vivent au sein des classes populaires. Longue histoire du délinquant lépreux, de l’ ouvrier alcoolique, du chômeur sale, de la prostituée sans scrupules, de l’anarchiste ou communiste prêt.e à tout, du ou de la juif.ve, de l’algérien.ne manipulé.e par le FLN et les communistes.. C’est aujourd’hui celle du ou de la dangereux.se terroriste musulman.e, personnalisé.e à la fois dans le jeune en jogging, la femme camouflant son corps avec un voile, ou les agitateur.ice.s islamogauchistes épris de révoltes et de violence qui en viennent à humaniser ces figures.

C’est là où se jouent des émotions un peu primaires, la peur de la mort par des fanatiques qui pourraient être nos voisin.e.s ou par ces gens qui viennent de loin ou des bas-fonds de notre société en crise permanente. Rien de plus productif pour une stratégie militaire, appelée contre-insurrectionnelle4, où un gouvernement désigne un ennemi intérieur (le terroriste islamiste ou islamogauchiste) qui peut s’amalgamer à l’ensemble de ceux qui sont gouvernés, il n’y a donc qu’une alternative : une confiance aveugle en l’État, au pouvoir, amené à garantir notre sécurité, et une peur exacerbée de plein de monde parmi la multitude des gens qui sont gouvernés, que nous ne pouvons connaître, dont il faudrait forcément se méfier. Cela légitime les dérives sécuritaires, les récentes loi LPR (avec la condamnation à 3 ans de prison ou 45000 euros pour un blocage ou toute autre activité subversive dans une université), la loi Sécurité Globale votée le 17 novembre, et nous prépare aux pires crimes policiers. Ce dispositif empêche toute révolution, mais, plus concrètement, il neutralise toute solidarité avec nos voisin.e.s, mais encore plus entre nos quartiers, et entre nos territoires, étant donné que l’autre est potentiellement un.e ennemi.e et le fruit pourri avec lequel on nous amalgame. C’est la dimension “psychologique” de la technologie contre-insurrectionnelle, qui vient tout droit du monde militaire et des gouvernances coloniales lors des guerres de décolonisation.

Cette solidarité à plusieurs échelles, c’est pourtant ce par quoi on pourrait prendre la situation en main, et se rendre compte de la manière dont la misère dans laquelle nous sommes toujours destiné.e.s à pourrir dans le monde capitaliste se traduit pour mieux y répondre, sans que l’éclairage de cette situation soit mise en scène par des journalistes dont le salaire et la performance sont traduites par une accumulation de clics et de panique, ou encore par des militant.e.s dont la fierté est traduite par la manière dont iels ont de prêcher des convaincu.e.s qui parlent le même langage.

La persistance d’irréductibles valeurs populaires

Les figures de nos peurs, sont souvent le miroir de ce que nous sommes. Les sorcières évoquent les femmes vagabondes du Moyen-Age qui s’organisent avec les masses populaires pour se révolter contre l’ordre établi5. Si on y regarde bien, c’est également le cas des zombies, masses sales, infectées et inintelligibles qui s’acharnent en émeutes à détruire ce qui fait tourner leur monde. Les gremlins rappellent également ces représentations. Fut une époque, les carnavals populaires singeaient ces représentations et rassemblaient les masses populaires dans des fêtes conviviales par lesquelles émergeaient très souvent la contestation du monde existant, qui tournait parfois à la révolte6. Pourquoi ne pas déborder l’ordre sécuritaire par ce biais ? Par une explosion festive de toute cette rage accumulée pendant le confinement, qu’on ne pouvait partager à ce moment (ou alors avec moins de démonstration), plutôt que par des marches et des manifestations ennuyantes où les mots d’ordre et les revendications se confondent avec des demandes faites à l’État de prendre en charge des problématiques qui sont historiquement et volontairement produites par lui. Pourquoi ne pas faire de Halloween un carnaval populaire par lesquel nous cédons à la folie que les classes dirigeantes nous prêtent ? Pourquoi n’en faisons nous pas une fierté ? Pourquoi ne célébrons nous pas notre altérité radicale avec les normes disciplinaires et unifiantes (dans le sens d’une décomposition de toute différence) des classes dominantes ?

C’est bien dans ces explosions d’altérité que sont les carnavals, les foires populaires, les tournois de foot de quartiers, les festivals sur ZAD, que nous pouvons appréhender la culture populaire. L’identité n’y a sa place que pour être célébrée et en même temps oubliée dans la rencontre de divers héritages historiques, diverses cuisines, diverses danses, divers déguisements, diverses musiques, diverses traditions, qui font coexister diverses époques et diverses origines géographiques. Dans ces moments, le cosmopolitisme n’est que la célébration de multiples particularités identitaires, et la modernité n’est que la célébration de multiples héritages traditionnels remis au goût du jour.

Ces moments existent toujours, ils sont parfois durs à trouver, durs à organiser, parmi les diverses réglementations municipales et gouvernementales, mais ils sont irréductibles à l’encadrement libéral, aussi omniprésent et puissant qu’il puisse être, il suffit juste de s’y rendre et de s’y abandonner.

Qu’en est-il de la culture télévisuelle, de l’économie des loisirs, de la démocratisation culturelle, de la culture marchande ? Dénoncée comme seulement équivalente au règne de la marchandise et au monde du spectacle, du symbole transformé en produit, par les pensées contestataires de Mai 68, il faut admettre qu’elle a été transpercée par les pratiques et les valeurs populaires et sont toujours des moyens de se rassembler, de partager et de s’émerveiller. Pourtant elle est de plus en plus encadrée par les pouvoirs dominants, et la précarisation de l’ensemble de la population la rend exclusive à celleux qui peuvent se la payer. Elle devient exclusive, là où les fêtes populaires se font toujours inclusives et demeurent des théâtres d’appropriation.

En quoi ces évènements permettent d’appréhender les voies d’une autre économie ? D’une autre politique ? Des portes de sorties ? En effet, ces moments, explosifs, ne font pas un monde. Mais ils reflètent des formes plus invisibles (parce qu’évidentes, tellement évidentes qu’on a l’impression que ce n’est pas suffisant) d’être ensemble. Des valeurs de partage, des valeurs d’entraide, non explicitées par celleux qui les pratiquent, qui se réalisent par le biais de relations ordinaires, entre voisins, entre potes d’un même quartier, d’un même collège, d’un même lycée, d’un même espace de lutte, d’une même usine, se reflètent dans ces moments pour se donner à un dehors, à l’ensemble d’une ville, à l’ensemble du quartier, à l’ensemble des sympathisant.e.s de par le monde. Ces valeurs et les pratiques qui les matérialisent peuvent être analysées comme de véritables économies, dans les termes d’économies sociales et solidaires. Pas comme celle qui, financée par des municipalités et des départements, devient le relais de leurs prérogatives entreprenariales et sécuritaires (voire même directement capitalistes), répond aux besoins d’un public ciblé sans que celui-ci participe à sa réalisation. Même si celle-ci peut permettre de réaliser des moments où, au-delà de ces prérogatives, s’entretiennent des relations de confiance, inclusives, intrinsèquement partageuses, et donnant lieu à des discussions, des réflexions sur un autre monde, la fin des injustices du monde actuel, déborder le cadre disciplinaire dans lequel il prend forme.

Déborder le cadre, c’est une pratique ordinaire qui prend forme dans des relations communes à travers des valeurs populaires. Elle permet par exemple à des personnes vivant depuis longtemps dans des quartiers populaires, de s’acheter plusieurs appartements ou résidences et de louer à des connaissances, le pote de truc, la fille de machin, de loger du monde et d’échapper dans une certaine mesure aux mécanismes spéculatifs recherchés par les politiques entreprenariales, municipales et étatiques comme seuls signes de performance, pour rester inclusifs7. Elle permet également à des commerces, bars, restaurants de proximité d’adapter leurs ventes aux problématiques des client.e.s qu’elle approvisionne, en relation directe, et affective, avec elleux, d’adapter son cadre à la rencontre, au partage, de servir et de reporter le paiement à des client.e.s qui sont aussi des personnes connues, avec qui on partage des moments, des discussions, des affects.

Elle permet également à des personnes sur ZAD ou dans des jardins partagés, de mettre en œuvre des méthodes d’agriculture qui prennent formes dans des relations réciproques et attentives avec les environnements qui servent à la subsistance, pour ne pas les mettre en crise justement8.

Ce sont des formes concrètes du socialisme, faisons en un monde ! Un monde qui renverse les prérogatives actuelles, subordonnant ces formes d’économie au soi-disant développement capitaliste (vous savez, celui qui profite à tout le monde, le ruissellement toussa), pour faire l’inverse, subordonner (ou détruire, ou décomposer, j’imagine que le verbe dépend de la situation) les formes d’économies capitalistes à d’autres formes de socialisation du travail et du besoin.

Ces valeurs et ces pratiques sont souvent précaires, parfois ratées, toujours incertaines. L’embrouille, la croyance mystique (qu’elle soit religieuse, complotiste ou autre) et la dérision y prennent souvent places justement pour faire face à cette incertitude, dans des termes affectifs et dans une certaine mesure inclusifs (au sens où elles sont pratiquées pour être comprises et partagées). Elles se font dans le partage, à travers lequel l’échec devient autre chose que la dépression solitaire, même si ses issues sont parfois tout aussi catastrophiques. Dans tous les cas nous ne pouvons avoir honte d’échouer, car laisser faire les élites gouvernantes, livrées à leur idéologie libérale et capitaliste qui se radicalise de plus en plus, mène le monde à une accumulation de catastrophes (de Rouen à Beyrouth, en passant par les forêts d’Australie), si bien que cet aspect catastrophique de l’existence se normalise et devient un parcours banal dans l’atomisation sociale (ah non pardon le progrès).

Que ce soit dans des pratiques festives ou dans des pratiques matérielles, ces valeurs comportent en elles le monde d’après que des mouvements sociaux ne voient pas ou ne veulent pas voir dans ses formes actuelles. Elles peuvent devenir la centralité de nos désirs, de nos revendications, et l’encadrement des mouvements sociaux sera plus facilement rejeté, comme quand les longues difficultés à mobiliser des universités et des lycées sous prétexte que les bloquer serait un acte de feignantise et de vide temporel se dissolvent pour faire émerger, lors du blocage, de nouvelles rencontres pour des engagements futurs, des discussions spontanées au moins aussi apprenantes que les cours qu’on a quotidiennement mais bien plus inclusives et émancipatrices, et des moments de joie et de tensions qui s’imprègnent dans nos mémoires et nous remettent dans la place, et plus à notre place dans la salle de classe.

Elles se révèlent d’autant plus visibles et riches que les prérogatives répressives de la crise sanitaire, et le « faux confinement » que nous vivons, les criminalisent. Cela devrait d’autant plus nous orienter sur ce que nous avons à faire.

Un.e nécromancien.ne du Shlagistan

1 : La transformation des terres en pâturages et en monocultures, plus productives mais plus fragiles du point de vue environnemental, procède d’un déni d’anciennes traditions de culture basées sur des connaissances de relations entre entités humaines et entités non-humaines au sein d’un même mode de relations.

2 : Vous pouvez lire « Classes laborieuses et classes dangereuses » de Louis Chevalier qui évoque cela, ou encore Robert Castel dans « La métamorphose de la question sociale » pour une approche plus complète et prise dans le long terme.

3 : Pour lire sur cela, tout plein de choses, mais je ne saurais quoi vous conseiller, « Paris sans le peuple » de Anne Clerval semble une référence assez claire et complète mais si vous voulez vraiment approfondir ce sujet il ne faut pas hésiter à varier les lectures.

4 : Mathieu Rigouste en a beaucoup parler et reste une référence incontournable à ce sujet. On peut également lire Mathieu Bonelli pour une approche plus contemporaine du sujet.

5 : « Caliban et la sorcière » de Silvia Federici est super à ce sujet.

6 : On peut lire Le Roy Ladurie ou Edward P. Thompson à ce sujet.

7 : Le travail récent « La ville vue par le bas » mené par le collectif Rosa Bonheur pendant une période de 10 ans à Roubaix évoque ces phénomènes et bien d’autres encore, et dresse un tableau sociologique qui concorde avec le propos ici présenté.

8 : Sur ce sujet, Nastassja Martin, anthropologue à la rencontre de peuples animistes d’Alaska subissant la colonisation, disait dans une conférence qu’elle observait par le biais des personnes vivant à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes des pratiques qui correspondaient, dans une certaine mesure, aux relations que les peuples animistes entretenaient avec les non-humains. Comme si, comme elle l’expliquait, le manque de communication contemporain ordinaire entre les humains et les entités naturelles pouvait être raccordé, si vraiment, on prenait cette cause pour finalité, et plus l’accumulation de profit et le développement capitaliste (ne disons plus « économique », mais capitaliste).

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