«Ego Trip, moi je préfère parler de rap conscient» [1] : Rap et féminisme

Prolégomènes :
(c’est un grand mot pour dire préambule, il est chic non ?)

Le 1er novembre 2019, Rugir publiait un article intitulé « Pour celles », signé par Élie, dans lequel l’autrice met en lumière le paradoxe qu’elle ressent en tant que meuf qui écoute du rap. Elle explique et justifie la misogynie d’une certaine forme de rap notamment par des motifs psychologiques.

Fin décembre 2019, le collectif Tadam reçoit cet article pour expliquer à ses membres le mépris de classe dont ielles faisaient preuve en s’indignant du fait que des paroles d’un morceau appelant au viol aient pu être prononcées dans le cadre d’une soirée militante.
Le 1er février, il a été présenté au BTKC, bar associatif et militant, lors d’une soirée nommée « Pour celles : paroles féminines/féministes sur le rap français ». La soirée a également été l’occasion de fêter la publication de l’article en livret.

Les lignes qui suivent sont une réponse aux arguments et explications de l’autrice, à ce qui a été qualifié par des militant.e.s « d’analyse critique ‘high level’ des rapports au sexe et de genre en jeu » [2]. Cependant, à aucun moment c’est une charge contre elle, je ne la connais pas et suis bien contente que des meufs prennent la plume et le rap comme outil et sujet d’expression. Je ne tomberai pas dans la division des meufs sous prétexte de désaccords de fond. Peut-être que ce sera une discussion houleuse mais jamais un clash. L’indignation qui pourra se lire ici, parce qu’il y en a, genre grave, s’insurge contre la validation militante que l’article a reçue malgré des positionnements fortement discutables d’un point de vue féministe et de la caution féministe que certain.e.s se sont auto-attribuée en soutenant le point de vue développé dans « Pour celles ».

On est tous et toutes pétri.e.s de paradoxes, c’est un fait, on compose avec nos conflits internes en permanence, entre ce que la tête pense et ce que le cœur et le corps souhaitent, des fois, il y a un monde. Et les militant.e.s ne sont pas exempt.e.s de petites et grandes contradictions : quel.le anticapitaliste n’a pas sombré devant un soda rouge ? combien enrichissent allègrement Philip Morris ? combien d’entre nous supportent et affectionnent des vieux ou vieilles ami.e.s pouvant tenir certains propos dégueu qu’on accepterait d’aucune amitié récente ? combien de féministes hétéra tolèrent les errances de mecs-cis qui les attirent ?

Malgré nos constats, nos réflexions, nos sensibilisations, nos déconstructions, nous continuons d’être les fruits de nos socialisations : nous avons baigné et continuons de naviguer dans une culture qui va à l’encontre d’un certain nombre de nos conceptions militantes. Nos séries font mourir les personnes racisées trop tôt dans la saison, nos romans ne comportent que bien rarement des personnes trans, nos clips prennent les femmes pour des objets sexuels.

Il n’est plus à démontrer que la culture du viol est diffuse et sème ses idées nauséabondes par tous les pores de la production culturelle. Élie a rappelé que ce n’était pas l’apanage du rap dans son article, en citant notamment la compilation des vilénies culturelles établie par Madame Rap [3]. Je vous renvoie aussi aux extraits mis en avant par la page « Préparez-vous pour la bagarre » qui cite des horreurs de Garou, ou de Nino Ferrer dans un morceau qui pourtant porte un titre qui donnerait envie : « Le blues anti-bourgeois » [4] – je mets une citation en note de bas de page, comme ça, vous pourrez constater ou vous préserver, parce que wouah, c’est atroce. Élie a donc le mérite de rappeler combien les meufs, féministes ou pas – elle ne se déclare pas féministe mais une auditrice qui se voit dénigrée dans le genre musical qu’elle kiffe – doivent négocier avec leur dignité pour cautionner des morceaux et des artistes qui déploient une misogynie crasse.

En tant que féministe qui écoute du rap, je ne peux, en revanche, pas être d’accord avec un certain nombre des stratégies d’autruche que l’autrice met en place pour excuser la complaisance dans laquelle se vautrent certains artistes en continuant de faire comme si c’était trop compliqué de ne pas prendre les meufs pour de la merde.

Je fais un paragraphe d’anticipation des futurs procès en illégitimité de la critique que je fais ici. Argument 1 : je ne fais pas partie du milieu rap caennais légitimé. Non, c’est vrai, je ne fais pas monter de groupes sur scènes et ne suis pas issue des quartiers précaires, mais j’écoute du rap, comme à peu près la terre entière et même des fois je pousse des boutons pour que les personnes bougent hiphopement leur boule swaggé. Argument 2 : je fais une critique militante d’un article qui ne se revendique pas comme tel. Quand les économistes ou juristes de droite ouvrent leur bouche pour faire sortir leur vomi libéral, on est d’accord qu’ils ne se positionnent pas comme des militants, pourtant notre critique, elle l’est, et c’est ok. Qui plus est, l’article d’Élie a été diffusé sur Rugir, un média militant, il a été mis en avant dans une soirée organisée plusieurs mois après sa publication au BTKC, bar associatif dont les soirées de présentation promeuvent des textes et/ou des initiatives militantes, et l’événement Facebook de la soirée était intitulée parole féminine/féministe ; l’article a même été édité en livret pour l’occasion. Et soyons franches une seconde, il n’est pas difficile de supposer que la remontée en visibilité de cet article reflète une volonté de certain.e.s de marquer leur distance avec la critique posée par le collectif féministe TADAM concernant des paroles incitant au viol dans une soirée militante de fin d’année 2019. Ma critique sera donc féministe et les rageu.x.ses qui voudront y voir un propos personnel, motivée par un egotrip : libre à vous d’utiliser les moyens à votre disposition pour vous soustraire aux enjeux politiques et féministes qu’elle soulève.

Je reprends donc. Considérer que le rap, parce qu’issu de la culture populaire de quartier, serait plus à excuser est à mon sens une hérésie. D’abord parce que le rap est aujourd’hui le genre musical le plus produit et le plus diffusé mondialement, continuer de lui attribuer une seule caution prolétaire pour expliquer son sexisme est complaisant, voire hypocrite, voire méprisant. De même, n’envisager le rap que comme une production monolithique de mecs-cis de quartiers, faisant le seul récit de leur quotidien de voyous, sans mentionner les engagements, les contestations qui peuvent s’y entendre, est si restrictif que mes baskets en tremblent d’effarement.

Il y a autant de raps qu’il y a de conflits dans les milieux militants, on a de quoi faire donc. Pourquoi alors s’acharner à souffrir en écoutant les insanités hors-sols de quelques affreux ? Et pourquoi s’épuiser à leur trouver des excuses quand il existe des productions riches de lyrics ciselées qui attaquent les privilèges de classe, qui critiquent le racisme et le sexisme de nos institutions ? Quand il existe des voix qui taffent leur langage pour arrêter de stigmatiser les travailleur.e.s du sexe, les gays, les trans, et les sexualités exaltées ? Si je comprends le positionnement d’Élie, dans lequel se sont, a priori, reconnu.e.s des militant.e.s féministes et pro-féministes, il faut nécessairement trancher une alternative impossible : soit tu es du côté de la rue, du bon côté donc, c’est évident, auprès des classes opprimées par un système de domination structurelle, mais le prix à payer c’est d’accepter de voir des consœurs se faire salir par des propos qui n’ont plus d’âge et qui sont aussi transgressifs que Zemour sur B.F.M ou Onfray sur le marché le dimanche matin ; soit tu craches sur les « mon rott va te **** à l’arrière de ma Mazeratti » parce que c’est une chiasse verbale sans aucun contenu politique et seulement divertissant et léger pour une partie des auditeur.ices, et alors tu es rangée du côté d’un féminisme blanc bourgeois qui méprise la culture de quartiers parce que si ce sont des opprimés qui oppriment c’est quand même pas pareil. Et donc tu n’es clairement pas une bonne militante. Mais dites-donc, ce ne serait pas un mécanisme d’exclusion de la critique féministe dans la sphère militante ?

Et, je reprends ici un des facteurs d’explication d’Élie pour accepter le sexisme accablant de certains rappeurs francophones : qu’est-ce que ça veut dire de devoir avoir pitié de ces pauvres petits gars de quartiers qui s’en prennent à leurs sœurs de domination parce qu’ils sont pauvres émotionnellement ? N’est-ce pas les prendre pour les idiots qu’ils ne sont pas ? Fonctionnons par analogie grossière et volontairement très exagérée : Polanski est excusable parce que trop vieux, et de confession juive en plus ? Nan mais c’est vrai le pauvre, quand même, faut pas faire preuve d’agisme, il est déjà victime d’antisémitisme tous les quatre matins. Un viol ou un féminicide par un habitant racisé de Saint-Denis, c’est pas si grave parce que c’est pas un blanc bourgeois, donc le pauvre, il ne savait pas, il n’avait pas eu accès à ce savoir féministe hyper complexe que d’insulter et de violenter toute une catégorie de personnes, c’est franchement naze et dangereux ? Sérieusement, les meufs devraient seulement lutter contre certains de ceux qui les dominent dans le grand échiquier de la hiérarchisation sociale mais pas contre ceux qui subissent des oppressions capitalistes, qui eux-mêmes ne seraient pas en mesure de déconstruire les dominations qu’ils reproduisent ? Ou qui le font par auto-dérision comme Orelsan dans « Sale P*te » selon l’analyse de « Pour celles ». Suivons ce raisonnement et appliquons-le à une « blague » raciste faite par un blanc : la violence du racisme est à excuser et accepter parce qu’elle est le fruit d’une fragilité culturelle du « blagueur » qui n’arrive plus à se repérer avec toutes ces réorganisations culturelles issues des anciennes colonies françaises autour de lui et qui s’en défend en mobilisant l’humour ? Bah non, c’est une indécence supplémentaire de dominant.e.s qui reproduit sa violence de classe avec des outils qui lui permettent de falsifier son racisme intériorisé. Revenons à nos moutons : il faudrait que les meufs soient donc encore les paillassons émotionnels de ces Incels de quartiers ?! C’est hors de question d’un point de vue féministe et ce n’est même pas une idéologie véhiculée par le rap. Ce dernier est une production culturelle intrinsèquement proche des colères de la rue et donc un des médias qui est le plus à même de porter des discours transgressifs sur les questions sociales.

De Montfermeil à Hérouville St Clair, en passant par Pie X [5] un dimanche matin, il n’y a aucun espace qui a pu rester hermétique aux questions de violences faites aux femmes, tout autant pour les produire que pour les critiquer. Que ce soit pour s’offusquer du fait que « rhooo quand même, on peut plus rien dire », que ce soit pour se dire que « nan mais moi ça va, j’ai une amie femme/ trans/ gay donc je suis pas sexiste/transphobe/homophobe » ou pour sérieusement se remettre en question, tout le monde y va de son petit mot sur ce que les queers et féministes ont à dire dans leurs #. Et rappelons le taf de terrain que font les collectifs dans les quartiers et les zones rurales pour que chacun.e se questionne et construise son comportement dans des perspectives égalitaires. Le rap est tout autant traversé par ces questionnements et remises en question des schémas patriarcaux, et ce depuis sa naissance.

La plupart des essais sur l’histoire du rap s’appuie sur la culture hip-hop venue des États-Unis, avec ses codes afro-américains. La situation du rap majoritairement issu des banlieues en France a évidemment ses particularités du fait de l’histoire coloniale, sociale… mais des traits communs sont sûrement à tracer [6], ne serait-ce que parce que le rap français s’est construit à partir de la culture hip-hop US [7]. La misogynie a ça de blasant qu’on la retrouve dans toutes les cultures, elle s’exprime et s’explique évidemment à partir des spécificités propres à chacune mais lorsqu’elle se déploie dans le rap, elle s’enferme dans une dichotomie ne laissant aux non-mecs-cis-hétéro que deux modèles : soit l’objet sexuel, soit la mère et sœur pure ; la maman ou la putain. Et encore, ici, c’est lire l’histoire du rap par le prisme de la misogynie, parce qu’en réalité, la culture hip-hop, si elle en est marquée comme tout le reste de la production artistique (smiley sad face), s’est également ramifiée autour d’une autre valeur tout aussi fondatrice, celle de la revendication sociale. Et ce rap ne manque pas de meufs, nos références en revanche, salement. Élie intitule son article « Pour celles », ça aurait pu nous mettre la puce à l’oreille, il n’y est en effet pas question des flows posées « par celles » qui ont pourtant tant de choses à nous faire entendre depuis les premiers beats jusqu’aux plus récents. Pour rappel, la légende de la naissance du hip-hop repose sur une personnalité… roulement de tambour… féminine ! Celle qu’on surnomme la mère du hip-hop, c’est Cindy Campbell, celle qui donne naissance à la première block party, une fête de rue clandestine qui deviendra le creuset de toute la culture hip-hop. Les débuts du rap US ont leurs grandes artistes : Roxanne Shanté, MC Lyte, Queen Latifah, Salt-N-Peppa. Du côté Ouest et gangsta, il faut aller écouter Lady of Rage ou Yo-Yo. Et toutes construisent la culture hip-hop au même titre que leurs collègues et pour certaines avec des perspectives féministes en appelant à l’émancipation des femmes. Si le dirty rap fait partie de l’histoire du rap – Snopp, Dre, 2Pac [8] entre autres s’y adonnent – il n’explose que dans les années 90, en même temps que l’arrivée massive de la pornographie et de l’hyper-sexualisation dont toutes les branches culturelles s’inspirent. Et là encore, les rappeuses participent au mouvement en s’appropriant ces mêmes codes hyper-sexualisés, les bad bitches réclament des cunnilingus [9] et revendiquent la maîtrise et le pouvoir de leur sexualité : Lil’ Kim et Foxy Brown en pionnières, largement suivie de Missy Elliot – son titre « Work it » est tout à fait suggestif, ou de Iggy Azalea qui se fait connaître avec le titre « Pu$$y ».

Si c’est effectivement un style de rap qui, pour des raisons de succès économiques, est surreprésenté, ça ne veut pas dire que c’est le seul et que le caractère politique du rap s’est effacé. Je ne développerai pas ici les revendications anti-racistes, anti-capitalistes, anti-autoritaires qu’on peut écouter dans les morceaux de rap, c’est un fait assez connu et les playlists abondent. On connaît moins les revendications féministes du rap [10] malgré les évènements organisés et les articles qui les discutent, prenons seulement l’exemple du festival B-Girl Be qui, à Minneapolis, met en lumière les contributions des femmes à toutes les branches de la culture hip-hop [11]. Il faudrait également aller écouter les morceaux de Jean Grae, Invicible, Tiye Phoenix ou Ava DuVernay. On pourrait aussi aller du côté de la drill music – une forme de trap qui naît dans les quartiers de Chicago et dans un contexte d’extrême violence – parce que des rappeuses, dans ce mouvement, il y en a plein et elles repensent les codes du rap dit féminin en ramenant le propos sur la violence de rue (mention spéciale à Katie Got Bandz dont le premier succès « I Need A Hitta » sort alors qu’elle est incarcérée pour délinquance), en neutralisant les questions de genre et les rivalités qu’on veut toujours construire entre les rappeuses : « ces femmes ont compris qu’elles n’ont rien à gagner à se mettre en concurrence. Au contraire, les filles de la drill music œuvrent fréquemment ensemble. Sasha Go Hard est même notoire pour inviter régulièrement toute une bande de copines dans ses vidéos » [12].

Et la production actuelle n’est pas en reste de rappeur.e.s queer qui croisent les revendications et les sons qui nous enjaillent. Passons à l’élargissement de nos horizons musicaux de petit.e.s bourgeois.e.s encanaillé.e.s par les sweat à capuches. Je commence par celleux qui contredisent le modèle cis-hétéro dans le rap. Amplify Dot ou Siya, notamment avec le titre « D.Y.K.E » [13] posent l’homosexualité au cœur de leur rap ; Angel Haze revendique sa pansexualité ; Le1f, rappeur et producteur gay, valorise la fluidité du genre (et le déhanché badass) et Zebra Kats, formule avec une perspicacité brillante comment les questions de race et de genre sont liées dans la réception du rap queer en plus de produire des sons habités par une présence dense. Et saviez-vous que le record mondial de twerk (oui, ça existe !) est détenu par Big Freedia, rappeur.e non binaire issu.e de la bounce music ?

Du côté des francophones [14] : Casey nous a bien sûr réjoui de son flow hardcore et sans complaisance contre la société postcoloniale. On peut en dire de même de Billie Brelok qui, avec ses « Caravelles », dénonce les ravages de l’exploitation des terres péruviennes par les infatigables F.T.N. Fanny Polly taille ses lyrics dans la grande précarité et l’indifférence publique et politique dans « Isolés ». Et Ryaam détruit les violences policières dans « La Cible ».

Les hispanophones déboitent. Nos ami.e.s et soirées en terrasse post-reunion de 3h nous manquent, pour sûr, en attendant, retrouvons ce goût de l’allégresse avec Tribade et son « Gaupasa », on peut aussi aller secouer nos nuques d’antifa devant l’affuté « Jurao » d’IRA et se déhancher avec le « A.C.A.B » de Sara Hebe . Et la révolte chilienne rappée par Ana Tijoux et son morceau « #Cacerolazo » ? Dernier cœur sur Mare Advertencia Lirika, rappeuse zapotèque féministe .

Les anglophones assurent sévèrement aussi. Un peu de riot porn ? Le clip de « Thru the fire » de Tasha The Amazon s’appuie sur les images des émeutes estudiantines canadiennes (et elle marche dans les rues avec un tigre, c’est nimp). Tu as besoin de justifier le port de la cagoule dans l’espace public, appuie-toi sur ton amour pour Leikeli47, la rappeuse masquée. Les ateliers bagarre te démangent : le « Kitana » de Princess Nokia te fera du bien. Tu te chauffes à occuper le périph tout.e seul.e, mets-toi le « Queen’s Speech n°7 » de Lady Leshurr dans les oreilles. Si c’est un blocage de flux de centre-ville avec ton crew sûr, descendez avec le « Skwod » de Nadia Rose.

La culture hip-hop reste à mes yeux aussi divertissante et légère qu’un cri profond hurlant nos colères, nos critiques et nos revendications. Pas étonnant qu’elle nourrisse nos oreilles militantes. Ces vérités venues du bitume ne seront pas relayées par Skyrock et autres plateformes inscrites dans des enjeux économiques. C’est nous, toustes celleux qui nous acharnons à inventer des vies libérées de l’hétéro-cis-patriarcat capitaliste et raciste, Élie, moi, toi, les cliques de Rugir, du BTKC, de l’Aqueerium, de la Pétro, de la Demeurée, de Laba etc. qui pouvons faire bouger les lignes de nos playlists pour les faire entendre et que les paradoxes avec lesquels on compose tous les jours ne s’acharnent pas sur nos adelphes de lutte.

Louise.

Notes

[1] Fanny Polly, « One Shot »
[2] Lien de l’événement facebook
[3] Madame Rap, en plus de rappeler que le rap n’est pas le seul genre musical à véhiculer le sexisme ambiant, est surtout une plateforme qui recense les morceaux et albums rap faits par des meufs – cis et trans – et des queer de tous pays et de toutes langues.
[4] « Une fille qui me plaît, je me l’envoie. Que ça lui plaise ou que ça ne lui plaise pas. Et si elle veut pas, je lui fais une grosse tête » dans « Le Blues anti-bourgeois ». La publication sur Instagram.
[5] Église d’intégristes catholiques qui défilent en col Claudine dans le quartier du Vaugueux à Caen – je n’ai rien contre le col Claudine par ailleurs.
[6] Je ne suis pas spécialiste de la question de la place des femmes dans les cultures noires et arabes, ni des luttes spécifiques des féministes concernées. Je vous invite à aller lire le numéro 35 des Nouvelles Questions Féministes : Féminismes dans le monde arabe. De même, sur la situation des filles et des femmes dans les quartiers français, une étude a été demandée au Centre Hubertine Auclert en 2017, elle est consultable .
[7] Voir le très bon site d’analyse « Sur un son rap ».
[8] Petite régalade (nope) : 2Pac est condamné pour viol en réunion ; Flavor Flav de Public Enemy est condamné pour violence conjugale ; Dre, en 1990 a frappé la tête d’une animatrice TV contre un mur parce qu’elle avait mal présenté son groupe N.W.A. Et oui, les icônes tombent.
[9] Le plus ancien titre qu’on connaisse sur le cunnilingus : « Eat this » de Hoes with attitude ; voir aussi l’immense « Ladies night » de Lil’Kim – la version avec toutes les copines Da Brat, Missy Elliot…
[10] Je renvoie ici à l’ouvrage collectif Home Girls make some noise ! : Hip-Hop Feminism Anthology, Parker Publishing, 2007.
[11] Laury Lions, “Women in Hip-Hop : The B-girl Be Festival”, Huff Post, le 6. 12. 2017
[12] Sylvain Bertot, Ladies First, une anthologie du rap au féminin, Le mot et le reste, 2019, p. 55.
[13] Je suis sympa, je vous mets les liens, vous ne pourrez plus dire que c’est pas facile à trouver.
[14] Bon, je ne pourrai pas être exhaustive et glisser ici toutes les joies rappesques mondiales, ce serait bien trop long pour un seul article. Je vous renvoie du coup aux playlists de confinement établies par Madame Rap : Old School, pays arabes, pays asiatiques, pays africains, de quoi faire vibrer nos casques.

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