Jupiter, Demeter, les fous de droite foudroient l’agriculture

Comment l’agriculture industrielle et ses chiens de garde sèment la mort du vivant ?

Demeter vous connaissez ? En octobre dernier, le gouvernement a lancé la création d’une cellule de renseignement contre ​« l’agri-bashing » ​ : Demeter. En gros, les forces de l’ordre vont étendre leur champ d’intervention de défense du système capitaliste qui continue chaque jour de détruire à petit feu le vivant jusque dans les fermes (police nationale, milice du capital…). Mais attention, pas n’importe lesquelles des fermes….

Suspens, avant de vous dire de quelles fermes il s’agit, rapide retour sur l’état de l’agriculture aujourd’hui. Globalement, le système de l’agriculture industrielle est pourri. Il est contrôlé par des gros groupes comme​ Monsanto ​ , ​Bayer ​ ou ​Limagrain ​ pour n’en citer que trois et ceux-ci ont entrainé avec eux les agriculteurs.trices emprisonné.e.s dans ce système. Les grosses exploitations agricoles prospèrent, les autres se meurent.

Maintenant que le cadre est un peu posé, rentrons dans le détail :

Parlons des semences tiens ! Elles qui permettent de faire pousser les plantes sont aujourd’hui standardisées et bien rangées dans ce que l’on appelle dans le jargon les catalogues officiels des semences.Avant, les semences n’étaient pas triées. Ainsi, en cultivant du maïs ou du blé, on pouvait voir différentes tailles, formes etc pousser : de la diversité en fait. Maintenant, tout est parfaitement calibré et pour avoir ce ​« parfait résultat » ​ , il faut acheter aux multinationales ces nouvelles semences magiques à chaque nouveau début de culture, là où celles-ci s’auto renouvelaient auparavant ! Une aubaine pour les voraces multinationales qui se rendent indispensables dans un modèle agricole où il faut faire le plus gros rendement possible. En plus de ces semences modifiées, on peut acheter le « kit pesticides » pour faire pousser toujours plus vite, toujours plus beau, toujours plus haut !


Alors certain.e.s diront : mais c’est la faute des agriculteurs.trices, iels ne devraient pas rentrer dans le système ! En réalité, c’est beaucoup plus complexe… Par exemple, la PAC (Politique Agricole Commune) qui est une aide donnée aux agriculteurs.trices est distribuée selon des critères très douteux et qui valorisent le système agricole industriel en place. Le premier pilier, sur lequel repose la répartition des aides, est la taille de l’exploitation, donc ceux et celles qui touchent le plus d’aides sont les fermes les plus grandes, indépendamment de la nature et du mode de production. Ainsi, ce système de PAC défendu par le syndicat agricole majoritaire pro conventionnel qu’est la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) incite à l’agrandissement continu et favorise ceux.celles dans les meilleures situations alors même que les plus petit.e.s exploitant.e.s crèvent. Le système de la PAC ne fait que récréer, reproduire et maintenir les inégalités en incitant à rester dans ce système agricole industriel écocidaire. Pire, aujourd’hui l’Europe se présente comme écologique, mais elle a longtemps incité par le biais de la PAC les agricult.eur.rices à s’endetter pour s’industrialiser. Bien souvent entre survivre et sortir du système, les agricult.eur.rices doivent choisir…


Tenez vous bien, les bâtons du libéralisme européen dans les roues d’une agriculture alternative et plus résiliente ne s’arrêtent pas là. Récemment, la Commission européenne a demandé au gouvernement de revoir les aides données à l’association Terre de Liens créée en 2003 qui a pour but comme le rappelle l’article de Reporterre sur le sujet, « d’enrayer la disparition des terres et de faciliter l’accès au foncier agricole pour de nouvelles installations paysanes » . Au nom du fait que Terre de lien est une entreprise solidaire d’utilité sociale, la France accordait des avantages fiscaux mais tout cela renie le principe de concurrence, cher aux prévenants traités européens. La situation est en suspend tant que le gouvernement ne se prononce pas…cet attentisme empêche le travail de
l’association, condamnée à un statut quo frustrant.

Et quitte à parler de système agricole industriel pourri, n’oublions pas de parler de l’industrialisation de la mise à mort des bêtes. Les agriculteurs.trices qui préfèrent des conditions dignes pour tuer leurs animaux et refusent d’envoyer leurs animaux dans les abattoirs industriels sont puni.e.s. L’exemple de l’agriculteur Stéphane Dinard interviewé par Hugo Clément en est le symbole. Cet éleveur bio ayant fait le choix du plein air pour ses porcs (ce choix est devenu très rare aujourd’hui en France) et qui a choisit de tuer ses bêtes lui même pour refuser le stress et la double peine de l’abattoir industriel risquait, au moment de l’interview, six mois de prison et 15 000 euros d’amende.

Finalement, on a l’impression que proposer des alternatives à ce système de mise à mort du vivant est systématiquement et sévèrement condamné. Pour reprendre l’exemple des semences, des initiatives comme celle de Kokopelli qui essaient de rendre disponibles les anciennes semences sont attaquées en justice car celles-ci sont considérées comme illégales puisque hors catalogue officiel. En même temps, c’est tellement fructueux comme business pour les multinationales de vendre les leurs qui sont à usage unique… Malheureusement, il y a encore de nombreuses illustrations de ces empêchements injustes… les alternatives au glyphosate comme Osmobio par exemple fabriqué en Bretagne à partir de plantes naturelles dont l’autorisation de commercialisation traîne encore et encore.

Ne l’oublions pas, l’agriculteur.trice a un rôle déterminant sur la préservation des sols, sur le maintien de la biodiversité, sur notre santé en tant qu’être vivant. Arrêtons de les voir que par ce qu’on nous montre d’eux.elles, aujourd’hui la misère est bien plus dans le pré que l’amour… Ne les laissons pas seul.e.s, malgré la surveillance et la criminalisation du militantisme que génère Demeter. Montrons-leur notre soutien face à ce système industriel destructeur qui pousse chaque année des centaines d’entre eux, elles à se suicider face à la solitude, aux conditions de travail difficiles et aux difficultés financières.

Prolétaires et agriculteurs.trices de tous les pays, unissez vous !

Sources :

article alter éco https://reporterre.net/La-survie-de-Terre-de-liens-entre-les-mains-du-gouvernement

reportage cash investigation : https://www.france.tv/france-2/cash-investigation/1005819-multinationales-hold-up-sur-nos -fruits-et-legumes.html​

Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes

https://www.youtube.com/watch?v=h0fpgMB6i_s​ (reportage Konbini : L’éleveur qui abattait lui-même ses animaux)

https://reporterre.net/L-abattage-a-la-ferme-le-combat-d-un-eleveur-pas-comme-les-autres

https://reporterre.net/La-survie-de-Terre-de-liens-entre-les-mains-du-gouvernement

https://reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposa nts-a-l-agro-industrie

3 réflexions sur “Jupiter, Demeter, les fous de droite foudroient l’agriculture

  1. Les progrès existent! Tout n’est pas si noir. Il ne faut pas s’enfermer dans un modele binaire “petite ferme/bio/bien” vs “grosse ferme/ intensif/ pas biiien”. La lecture du mde agricole est bien plus complexe.
    Qques exemples:
    Je ne comprends pas cette histoire d’achat de semances chaque année. Les semences fermières de céréales existent et sont légales.

    Les abattoires mobiles commencent à pointer le bout du nez en France.

    L’alternative au glyphsate peut passer par 1 autre mode de pensée de vie du sol (je ne parle pas de labour ni de destruction chimique) grâce à l’agriculture de conservation.

  2. Bonjour,
    Félicitations d’écrire des articles c’est une bonne chose de s’exprimer. Mais je voulais souligner deux éléments récurents dans vos articles qui pour moi nuisent à vos propos:

    – D’abord la syntaxe, déjà qu’avec l’ecriture inclusive ça fait des phrases longue mais je trouve qu’a vouloir avoir un bon niveau de langue dans vos écris (ce qui est louable à l’origine) la syntaxe des phrases deviens confuse, il y a beaucoup de compléments, de phrases longues, de vocabulaire… Et au final je perds le fil et cela me demande beaucoup de concentration pour lire.
    -Ensuite, le ton méprisant et satyrique que vous avez à l’égard du gouvernement et des acteurs majeurs du capitalisme en général est tout à fait compréhensible. Mais ça sûr exploitation donne un ton agressif à vos ecris ne donnant pas toujours envie de lire. Le danger est aussi que cela deviens un procédé réthorique: le fait de dire qu’un tel est une multinationales capitaliste n’est en rien un argument et ça pousse à prendre des racourcis qui sont le chemin de l’erreur et du jugement.

    Voilà c’est mon avis et ce que je ressent en lisant. C’est à prendre ou à laisser cela ne concerne pas que cette article mais c’est la vision que j’ai des plus récents en tout cas. Désolé si je vous descend un peu mais c’est parce que j’aime bien ce que vous faites et que je trouve ça pertinent de vous donner des retours même si ils sont parfois dur cela permet de s’améliorer. En espérant voir de nouveaux articles bientôt !

    1. Salut !
      Le ton employé dans les articles n’engage que les personnes qui les écrivent et non pas l’équipe de Rugir. Beaucoup des articles publiés sont des contributions qui nous parviennent. A partir du moment où ces contributions respectent la ligne éditoriale, nous ne voyons pas de raison de nous y opposer. Certaines personnes peuvent avoir des difficultés pour faire preuve d’un esprit de sytnhèse et faire des phrases courtes pour d’autres ce sera l’inverse. Nous ne voulons pas silencier les personnes en fonction de ce qu’elles sont capables de faire ou non. Idem pour le ton qui peut sembler agressif : c’est souvent le résultat d’une colère qui nous semble tout à fait légitime et tout le monde ne peut pas faire l’effort d’avoir un discours apaisé, surtout lorsque l’on parle de vécus.

      En tous cas merci pour ton retour et merci à toi de nous lire (nous et toustes nos contributeur·ice·s) ! 🙂

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