Covid-19 : la mort organisée des plus faibles

Depuis maintenant pas loin de deux mois, le confinement général est le mot d’ordre dans la plupart des pays atteints par le virus. Cette solution qui semble être la plus efficace du point de vue de la plupart des scientifiques ne pose pas moins question. En effet cela nous renvoie à la face les inégalités et les contradictions aberrantes d’un système inadapté car saigné depuis longtemps par des logiques austéritaires et de privatisation générale.

En France comme partout ailleurs, la question des personnes sans domicile fixe s’est rapidement posée. Elle est aujourd’hui toujours insoluble. Après plusieurs semaines de confinement en France, nos dirigeants ont choisi de ne pas voir ce problème, pire on compte désormais plusieurs cas de verbalisation de SDF pour non respect du confinement… le cynisme à l’état pur. Si on sortait les archives et qu’on prenait au sens propre les mots de notre président d’il y a quelque mois, on se demande si le covid-19 ne serait pas vu comme un moyen « qu’il n’y ait plus aucune personne dans la rue » (promesse non tenue faite avant l’hiver 2018-2019). Le système capitaliste qui stigmatise déjà en temps normal les plus démuni·e·s montre une nouvelle fois son incapacité volontaire à faire preuve de dignité humaine. On peut noter que c’est encore plus choquant surtout maintenant que les bourgeois·es des grandes villes, où vivent majoritairement les SDF, ont quitté par grappes leur logement et qu’on ne compte plus les appartements vides. La mort semée par le covid frappe d’abord les plus pauvres, il suffit pour le constater de voir les chiffres de la mortalité en Seine Saint Denis.

Néanmoins, le sort des SDF n’est pas le seul a être très préoccupant. Il y a aussi les conditions de vie déplorables dans les prisons qui ne manqueront pas de favoriser la propagation rapide et létale du virus dans ces espaces clos. Déjà avant cette crise sanitaire des associations comme Genepi ou même des institutions internationales avait condamné la France pour l’insalubrité des conditions d’incarcération et la surpopulation des prisons. Le virus amplifie encore plus le problème. Certes, certain.e.s détenu.e.s en peine courte ont pu être relaché.e.s, mais le problème de base demeure. Pour ces détenu.e.s déjà privé.e.s de leur liberté, c’est comme une double peine injuste et cruelle. Pire, profitant de l’écran généreux qu’offrait la libération de certain.e.s détenu.e.s le gouvernement en a profité pour faire passer un décret autorisant le maintien en détention des présumé.e.s innocent.e.s en attente de procès. Pour Macron et sa clique la privation de liberté des gens en attente de jugement ne doit pas être une « urgence vitale ». Ainsi en cette période de virus, des gens se retrouvent enfermés loin de leurs proches et ce au mépris de tous les principes légaux français depuis la révolution !

Enfin si le sort des détenu.e.s ne vous émeut pas particulièrement, vous avez le droit d’être favorable à une justice punitive envers ceux et celles qui transgresse la loi, j’aimerai mettre en lumière une autre population que nos dirigeant.e.s à l’échelle européenne choisissent de volontairement laisser mourir. Il s’agit des réfugié.e.s qui vivent dans des camps insalubres aux portes de l’Europe. Déjà préoccupante avant la crise, la situation pourrait finir au quasi génocide. En effet, pour ne parler que d’elles, les îles grecques, sont saturées de migrant.e.s vivant dans des camps, les uns et les unes sur les autres, ce qui rend impossible les fameux gestes barrières. Les seules barrières auxquelles iels peuvent avoir à faire ce sont celles du gouvernement grec qui refuse de désengorger les îles au mépris de toute dignité humaine. La seule solution sanitaire proposée est l’installation d’un container médical sur les îles. Loin d’être suffisant pour les ONG qui agissent encore sur place, qui craignent la réalisation d’un drame déjà écrit et signé par l’inhumanité des dirigeant.e.s européen·ne·s. Le jour où le virus se manifestera sur les îles grecques, et il le fera sans doute, il ne sera pas question d’évacuations sanitaires pour les réfugié.e.s mais beaucoup plus de mort programmée. Pour l’instant, la chance semble être du côté des migrant.e.s et l’espoir demeure d’éviter le drame. Mais l’espoir n’est pas une stratégie, encore moins un stratégie viable à long terme.

La non réaction de nos classes dirigeantes à l’égard de ces différents « problèmes » nous fait nous poser une question qui peut déranger une fois qu’on la formalise, et si le covid-19 était en fait considéré comme une solution pour réduire voire éliminer un problème social que nos dirigeant.e.s n’ont jamais su résoudre ? L’idée n’est pas de tomber dans des théories complotistes mais juste d’exposer des faits, ce qui se déroule devant nos yeux, cela s’appelle de la non assistance à personne en danger ; une fois la crise passée il faudra se souvenir de cela et tout mettre en place pour changer radicalement un système qui simule sa propre sélection naturelle.

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