« RACAILLES, C’EST LE NOM QU’ON NOUS DONNE »

Surpeuplés et bien souvent logés dans de l’habitat insalubre, les habitant.e.s des quartiers populaires subissent de plein fouet un confinement social difficile et inégalitaire.

Rassemblant les travailleurs et travailleuses pauvres «  les derniers de cordée » les exclus sociaux, les retraité.e.s précaires et le taux le plus élevé de jeunes du territoire, c’est la triple peine :

  • un risque de contamination multiplié par la surpopulation & la surexposition de la classe ouvrière partie « au front » sans armes au même titre que les soignants ( femmes de ménage, aides soignant.e.s, maçon.nne.s, caissièr.e.s, routier.e.s, petit.e.s fonctionnaires ),
  • la stigmatisation récurrente des politicards et des médias mainstreams qui participe aux violences d’état dont celle de la police
  • la galère des devoirs et du matos à trouver

A l’heure du confinement, les flics accentuent leur harcèlement quotidien, motards, nationale ou municipale, en VTT, ils déboulent de partout vers 17h, l’heure ou les mamans sortent les petits confinés et intenables.

Profitant du monopole de la rue et de l’impunité totale, à l’image de cette voisine, bras en écharpe, molestée la semaine dernière par un bleu en roue libre, pour une histoire de voisinage. Elle ne portera pas plainte «  ça ne sert à rien, ils ont toujours raisons ».

Choisir le temps de la séquestration nationale pour démanteler des réseaux de deals, accuser les habitant.e.s de collaborer avec les trafiquant.e.s, leur permets de lever la main, de pousser, et de vociférer « dégage de là et rentre dans ton gourbis » alors même qu’ils bloquent le passage étroit de la cage d’escalier.

Ils ont repris une rue vidée, gazeuse à la main, seuls et goguenards, se sentant forts en nombres , passant leurs chemins, ridicules, à quelques un.e.s.

Le marché est fermé.

La flambée des produits alimentaires de bases, les enfants encagés et privés de leur liberté de mouvement, subissent les inégalités économiques et le manque de matos pour accéder aux cours en visio, et ce, malgré la bonne volonté des profs, qui finissent par communiquer par mail, les problématiques s’accumulent.

La cité, pourtant résiliente, est une nouvelle fois l’oubliée alors qu’elle est l’armée de l’ombre et participe au prix de sa vie à la pseudo unité nationale.

La fracture béante au sortir de la pandémie favorisera d’autant l’explosion latente, mais semble-t-il au vu des derniers événements, que celle-ci est déjà en marche et tant mieux. ( Villeneuve la Garenne et consorts )

Même si l’écrasement systémique est permanent et plus dur que jamais, les habitant.e.s font preuves d’une remarquable solidarité, de partages de denrées alimentaires, de photocopies d’attestation, et même de projets de jardins partagés pour l’après, ce souffle populaire impressionne par sa résistance collective, sa jeunesse qui nous pousse, nous, les mères, les pères, et nos vieux et vieilles ( qui ne sont pas ressortis pour certain.e.s depuis le premier jour ), à garder le cap et les pieds sur terre bon an mal an. Chacun.e apporte sa petite contribution et grandit le collectif sans poser les mots.

Tout cela ne tient qu’à un fil.

22,04,2020

une anonyme

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