Communiqué de “Caen en lutte pour l’environnement” : récit de la journée du 29 et violences policières

Ce vendredi 29 novembre, jour de Black Friday, le collectif « Caen en lutte pour l’Environnement » organise, accompagné d’autres organisations, une manifestation suivie d’une action de désobéissance civile. Durant les 10 jours qui ont précédés le 29 novembre, des articles ont été régulièrement publiés sur la page Facebook et Instagram de Caen en lutte pour l’Environnement. Dénonçant l’absurdité du Black Friday et, plus généralement, du consumérisme et du capitalisme. Dénonçant aussi des projets locaux en total incohérence avec les attentes en manière d’écologie et de justice sociale, comme la construction d’un centre commercial place de la République, et l’agrandissement de l’aéroport de Caen-Carpiquet.

Déroulé de la journée du 29 novembre

Le rassemblement est prévu à 13h place de la République, plusieurs discours sont entendus. A 14h, plusieurs centaines de personnes, la plupart lycéen.ne.s mais aussi des étudiant.e.s partent en manifestation, avec des banderoles et des pancartes aux slogans différents mais pour beaucoup anticapitaliste tel que « le capitalisme détruit la planète, détruisons-le ». Des masques d’hôpital sont aussi distribués pour symboliser la dégradation de la qualité de l’air. 1h de manifestation passant à côté de la place du théatre puis devant l’Eglise St Pierre, jusqu’à la place de la Mare pour ensuite remonter les fossés St Julien, la place St sauveur, Rue ecuyère et rue Saint-pierre pour faire une pause devant le manège. De nombreux slogans anticapitalistes sont entendus.

15h, c’est le début de « l’opération girafe » qui consiste à occuper un lieu de consommation. Dans un contexte d’urgence climatique il nous semble essentiel de montrer la responsabilité du capitalisme dans les désastres écologiques et c’est pour cela que nous avons choisi de bloquer un de ces lieux. Le centre Paul Doumer, où il y a notamment la Fnac et d’autres enseignes, est choisi. Les manifestant.e.s rentrent dans le centre en chantant, bloquent les portes d’entrée et se réapproprient le lieu : on peut voir des gens faire du skate, jouer aux cartes, lire, écouter de la musique, ou jouer d’un instrument. L’ambiance est conviviale malgré l’agressivité de personnes souhaitant faire leurs achats même quand le magasin est fermé, et des vigiles qui nous filment et jettent de l’eau sur une de nos camarades. Des affiches, autocollants sont collés sur quelques murs et vitrines ainsi que des phrases et des dessins pour faire entendre nos revendications.

Après un peu plus d’une heure d’occupation, la Brigade D’intervention arrive. Deux personnes qui se tenaient devant une des portes d’entrée ont été roués de coup à la tête, devant l’incompréhension total des jeunes assistants à la scène. Une des personne est restée plusieurs minutes inconsciente avant d’être emmener en garde à vue où elle a passé la nuit, l’autre sera emmener à l’hôpital par les pompiers. D’autres personnes, notamment des lycéen.ne.s ont été frappés par la police, ce qui les a profondément marqués, on a pu voir des jeunes en pleurs.A l’intérieur les manifestant.e.s se sont regroupé.e.s assis.e.s par terre, les bras entremêlés. Iels décident sous la pression de la BI de sortir ensemble groupé et d’arrêter l’occupation. Iels sont applaudis par les nombreux soutiens et passant.e.s postés devant l’entrée.

À la suite de cela, il est décidé d’aller devant le commissariat soutenir les camarades qui ont été violentés et mis en garde à vue. Durant plus d’une heure une cinquantaine de personnes chantent devant le commissariat, des chants tel que « si t’es fier d’être policier, frappes des enfants ». Un policier nous intimide en nous disant que nous faisons une manifestation non-déclarée (Alors que les rassemblements spontanées, qui plus est sur un trottoir sont autorisés par la loi) un autre nous menace avec une gazeuse.

Nous condamnons fortement la violence subis lors de cette journée. Nous recevons de plus en plus de témoignages de jeunes qui se sont fait frappés et qui sont profondément choqués.Nous condamnons les interpellations arbitraires, ainsi que le manque de soin apportés aux personnes violentés par la police lors de leurs gardes à vues. Nous apportons tout notre soutien aux personnes interpellés.

Caen en Lutte pour l’Environnement

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