Un toit, un droit !

Ce samedi 18 mai 2019, l’AG de lutte contre toutes les expulsions1 officialisait l’ouverture de deux nouveaux squats au 69 et au 71 avenue Henri Chéron à Caen. Ces lieux, qui n’accueillaient pas une âme qui vive depuis des années, accueillent désormais 20 personnes, dont 10 enfants.

Ces familles venant d’Albanie, d’Arménie ou encore de Géorgie sont pour la plupart en attente de leur demande d’asile ou bien viennent d’essuyer le refus de cette demande par la préfecture. Ce refus est quasi systématique de la part des autorités pour les personnes migrant.e.s venant de pays « en paix ». Bien sûr un pays n’étant pas en guerre ne signifie en rien que les droits fondamentaux censés être garantis par la République y sont respectés… Les autorités publiques, en plus de nier les difficultés encourues par ces personnes dans leur pays, mettent en danger la vie d’hommes, de femmes et d’enfants. Ces migrant.e.s, après avoir parcourus la distance qui les séparaient de la France, en bus, en avion, en taxi, en voiture ou bien dans des embarcations de fortune pour les moins chanceux.ses, parcourent un véritable marathon administratif, les conduisant de la préfecture jusqu’à l’Office Française de Protection les Réfugiés et Apatride (OFPRA) à Paris, où iels doivent se rendre afin que leur demande soit examinée (puis refusée), en plus de conditions de vie indignes et précaires.

L’exemple de Gagik, 16 ans et de sa famille est le reflet des politiques anti-sociales de la France à l’égard des migrant.e.s. Gagik et sa famille ont quitté.e.s l’Arménie depuis maintenant un an et deux mois, après que son père ait été gravement brulé au travail puis licencié sans indemnisation. Son état de santé et les relations conflictuelles que la famille entretenait avec son ancien patron les ont mené.e.s à l’exil. Gagik apprend aujourd’hui le français et sera scolarisé au lycée à la rentrée prochaine. Son père a pu bénéficier de soins pour son bras mais reste en attente d’une opération. Un rendez-vous étant prévu pour la semaine d’après, la République française a jugé normal de les laisser attendre dans la rue… Leur demande d’asile ayant peu de chance d’être acceptée et ayant été expulsée de leur logement en Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA), la famille s’est retrouvée à la rue, sans solution stable et loge aujourd’hui au squat avenue Henri Chéron. La famille est néanmoins satisfaite de l’accueil qui leur est fait (plus celui fait par les militant.e.s que par la préfecture, on en conviendra) et souhaiterait s’installer en France pour refaire leur vie et permettre à Gagik d’étudier.

Face aux politiques xénophobes, racistes et anti-sociales de l’Etat français, les squats fournissent des lieux de vie (certes précaires) et de solidarités pour toutes celles et ceux qui sont mis de côtés par le droit, tant bien que le préambule de la constitution est sensé apporté les “conditions nécessaires” au bon développement de chacun.e . En effet, il n’y a pas pire machine à exclusion que le droit à la propriété et c’est par l’initiative du squat comme lieu d’autonomie et de solidarité que nous pouvons le combattre. Nous ne devons oublier que la propriété privée, des moyens de production comme des logement dans lesquels on ne vit pas, c’est encore et toujours une privation de ceux-ci pour celleux qui en ont vraiment besoin, et que si des squats comme celui du Marais n’accueillaient pas des centaines d’habitant.e.s d’horizons diverses, celleux-ci seraient à la rue.

1.AG de lutte est un collectif créé en 2013, il héberge plus de 500 réfugié.e.s sur 10 squats

Aimé et J

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