Pour une lutte révolutionnaire contre l’homophobie

Une simple demande d’accès aux droits et aux institutions républicaines. En 1982, le parlement dépénalise pleinement les rapports sexuels entre personnes de même sexe. Cette victoire législative marquera le début d’une succession d’obtention de droits juridiques pour les homosexuel·le·s, leur offrant ainsi un accès progressif aux institutions républicaines. Maintenant que nous pouvons prendre conscience que l’homophobie subsiste dans notre société malgré un accès presque total à ces droits et institutions, ne serait-il pas temps d’adopter une nouvelle approche qui serait matérialiste et révolutionnaire ?

Remarque introductive : cet article s’adresse aux homosexuels mecs et cisgenres (donc hors personnes transgenres). L’objectif premier de ce texte et d’interpeller les gays cisgenres qui sont plus ou moins concernés par l’accès aux droits et institutions d’aujourd’hui, ainsi que pour la plupart, extérieurs à toute sphère militante de lutte. Concernant les personnes trans et les lesbiennes, certains éléments d’analyse présentés ici peuvent sans doute être pertinents à leur sujet, mais une toute autre analyse doit pour autant être tenue, non seulement à propos de la place des personnes trans et des lesbiennes dans le système capitaliste, mais aussi à propos de la particularité des militantismes trans et féministes lesbiens français (différents du militantisme gay de ces dernières années) qui sont à mon sens réformistes, sans pour autant délaisser la critique radicale et les solutions révolutionnaires.

Les révolutionnaires pédés des années 70

Les années 70 ont été marqué par un bouillonnement de groupes homosexuels révolutionnaires : d’influence marxiste et féministe, ces groupes comme le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire ou les Groupes de Libération Homosexuelle ont activement œuvré pour lutter contre le « racisme anti-homosexuels » et renverser « l’ordre hétéroflic ». Usant d’une grille de lecture matérialiste, ces militants pédés comprenaient la société comme une structure sociale mêlant capitalisme et famille hétérosexuelle, productive d’une oppression envers, entre autres, les homosexuel·le·s.

La lutte n’était pas seulement à la dénonciation de l’homophobie entre individus, mais bien de comment la société était construite d’une manière à favoriser les hétérosexuel·le·s et à réprimer les homosexuel·le·s. De plus, la responsabilité reposait sur les individus homophobes, mais aussi sur les institutions (école, armée, police, justice etc.) et la société toute entière. La solution apportée par ces groupes était la révolution : renverser l’ordre établi et en finir avec la société répressive.

Finalement, l’approche révolutionnaire avait été abandonnée vers le début des années 80 car l’approche réformiste (dont l’objectif principal était d’obtenir des droits) semblait répondre plus rapidement à la nécessité de se protéger contre la répression homophobe. Le Comité Urgence Anti-Répression Homosexuel (CUARH) renaquit des cendres des GLH et la lutte contre l’homophobie a évolué depuis vers un réformisme toujours d’actualité aujourd’hui.

Une intégration progressive des gays à l’ordre capitaliste

Le tournant réformiste de la lutte homosexuelle a eu pour effet d’ouvrir aux gays l’accès à des droits et des institutions alors réservés exclusivement aux hétérosexuel·le·s. On peut notamment citer le droit au pacte civil de solidarité voté en 1999, premier contrat d’union civile juridiquement reconnu ouvert aux couples gays, mais aussi et surtout l’ouverture du mariage, à la fois droit et institution républicaine, clé essentielle à la formation du couple et de la famille dans notre société. S’ajoute à cela l’aggravation des peines pour les délits et crimes à caractère homophobe, ainsi que la pénalisation de la discrimination à l’embauche et à la vente : l’accès à l’emploi, l’espace public, l’école, la justice, la famille, l’espace médiatique et la vie politique était maintenant ouverts aux gays.

Cet accès aux droits et aux institutions n’a pas été qu’une affaire de droit. On assiste depuis plusieurs décennies à une lente intégration des gays dans le monde capitaliste. En effet, les homos se marient, fondent des familles, consomment des biens et des services comme les hétéros. En parallèle, ces derniers travaillent, touchent un revenu, des aides sociales ou connaissent autant la précarité que les hétéros. Jadis réprimés, les voilà intégrés. Ces nouveaux prolétaires ont même droit à leur propre business : entre les bars, saunas ou autres produits et services estampillés « gays » ou « queers », un réel commerce s’est ouvert à la consommation des gays.

Quand Coca-Cola met en scène un frère et une soeur qui se battent pour le jardinier sexy ou quand McDonald’s visibilise tout autant un jeune gay, on comprend que les gays sont devenus, au même titre que les hétéros, des consommateurs solides. Cela n’a été permis que grâce à une concentration exclusive de la lutte gay sur l’obtention de droits formels, délaissant la critique du capitalisme et de son corollaire, le libéralisme.

La néo-famille nucléaire1 homosexuelle

Le rôle historique de la famille hétérosexuelle

Ainsi, alors intégrés à l’ordre capitaliste, les homosexuels ont dû adhérer au cadre de la famille nucléaire hétérosexuelle pour faire famille et vivre leurs amours et désirs. On trouve dans ce cadre familial deux personnes, avec ou sans enfants, qui consomment, produisent et se reproduisent.

Historiquement hétérosexuelle, cette famille est le pilier de la classe prolétarienne, classe travailleuse du système capitaliste. En effet, il est nécessaire de maintenir une classe qui travaille pour faire marcher la machine capitaliste, cette classe doit pouvoir se renouveler pour ne jamais cesser d’exister. De plus, le capitalisme ayant institué une société de consommation, il a été nécessaire de garantir la consommation des produits et services produits. Or c’est là qu’intervient la famille hétérosexuelle dans ce rouage complexe et auto-suffisant.

Consommer. La famille nucléaire hétérosexuelle est un ménage, une cellule qui consomme pour subvenir à ses besoins et désirs. En captant le revenu de ceux qui composent ce ménage, la cellule familiale a pour charge d’écouler par la consommation une part de la production capitaliste.

Produire. La classe prolétaire est celle qui travaille pour accroître le capital de la bourgeoisie. Cette production est assurée individuellement par les prolétaires : le prolétaire fournie une force de travail exploitée par les dirigeant·e·s de son entreprise. Seulement, cette force de travail ne peut être fournie si le prolétaire ne jouit pas d’un traitement lui permettant de vivre et d’être traité hors de la vie professionnelle. C’est une fonction de la cellule familiale que d’entretenir les prolétaires vivant en son sein.

Reproduire. La cellule remplie un dernier rôle qui est quant à lui reproductif : pour auto-renouveler la classe sociale, le capitalisme se sert du patriarcat pour assurer à la fois une injonction2 aux corps-identités3 idéaux hommes et femmes (un homme qui travaille et qui a un pénis, une femme qui entretient son mari et ses enfants et qui a un utérus) et une injonction à l’hétérosexualité (tout le monde doit être hétéro). Cette complémentarité permet d’assurer le renouvellement de la famille et à une plus grande échelle, le renouvellement de la classe prolétarienne.

Intégration des gays à ce cadre familial

Avec l’accès progressif aux droits et institutions républicaines, les gays ont petit à petit développé entre eux des cellules familiales similaires. En effet, maintenant que l’adoption pour les couples gays est possible, additionnée à la possibilité pour les couples gays de s’orienter vers des GPA en France ou à l’étranger, la famille nucléaire est maintenant ouverte aux gays.

Par voie de conséquence, les cellules familiales intégrées à la machine capitaliste sont aujourd’hui, pour certaines, composées de couples et parents homosexuels. Se marier, fonder une famille, adopter ou procréer quand on est gay, c’est adhérer malgré nous au système capitaliste. Ainsi, en voulant lutter contre la répression, les militants gays ont permis l’émergence d’un processus d’intégration, menant finalement à l’oppression et à l’aliénation capitaliste.

À la marge de l’intégration

Il ne faut pas croire que l’intégration au institutions républicaines est totale. Il subsiste toujours des discriminations homophobes qui empêchent beaucoup de gays dans notre société, en raison de leur orientation sexuelle ou de leur expression de genre, à décrocher un emploi, suivre des études, accéder aux démarches administratives etc. Dans un contexte de précarité généralisée, être discriminé·e signifie détenir plus de risque de connaître cette précarité. Ce phénomène qui naît dans la marge de l’intégration est une autre conséquence de l’hégémonie capitaliste dans notre société.

Vers l’occasion de renouer avec l’approche révolutionnaire ?

En parallèle au militantisme réformiste de ces dernières décennies, des groupes trans, pédés, bie·e·s et gouines se sont constitués pour s’engager dans une lutte radicale et critique de toutes les formes d’oppression, comme le capitalisme. Conscient·e·s des analyses énoncées plus haut, ces dernier·e·s défendent une lutte contre l’homophobie qui ne peut être totale sans renverser le système capitaliste, mais aussi tous les autres formes d’oppression.

De l’homophobie à l’hétérosexisme

Les violences que subissent les gays ne s’arrêtent pas qu’aux insultes, agressions physiques et discriminations à l’embauche de la part d’individus isolés. Non, ces violences traversent toute la société et s’expriment sous différentes formes, parfois invisibles. Ces violences multiples émanent des individus, mais aussi des institutions et de notre société tout entière.

Par institutions, nous comprenons ces lieux ou espaces n’étant personne et ne renvoyant à personne précisément mais qui nous servent pour autant d’interlocuteurs dans notre vie de tous les jours : l’administration (la mairie, la CAF, la Sécu, la Préfecture), l’école (le collège, le lycée, l’université), la police et la justice (la gendarmerie, le tribunal), la médecine (le cabinet médical ou du psychologue).

Ces institutions, en raison de leur organisation, fonctionnement (légal ou traditionnel) ou règlement, sont amenées à nous traiter différemment en raison de notre orientation sexuelle. L’inaction ou l’improvisation des enseignants en réaction à du harcèlement ou d’une agression homophobe ou le refus d’un policier de déposer une plainte pour injure ou agression homophobe sont deux exemples de violences institutionnelles. En effet, la cause de ces violences repose non pas dans la volonté d’une personne, mais bien dans le fonctionnement historique de l’institution.

À l’échelle de la société tout entière, on trouve des processus invisibles qui permettent de maintenir l’hétérosexualité comme sexualité « normal ». On peut citer par exemple l’injonction à l’hétérosexualité (la fameuse remarque « Alors tu as un petit copain ? »), les clichés qui ont la vie dur sur les gays, les masculinités « efféminées » ou « folles » toujours moquées ou méprisées etc.

En sociologie, toutes ces violences visibles ou invisibles composent ce qu’on appelle l’hétérosexisme. Ce terme permet de qualifier « le système de comportements, de représentations et de discriminations favorisant la sexualité et les relations hétérosexuelles4 ». S’intéresser à l’hétérosexisme plus qu’à l’homophobie permet de comprendre en quoi les violences que subissent les gays prennent leur source dans le fond du fond de la société, ancrées dans le fonctionnement même de l’Etat et ses institutions.

L’homophobie, une discrimination patriarcale

L’homophobie n’est pas une discrimination isolée, elle fait partie d’un ensemble plus vaste qui est celui du patriarcat. Le patriarcat est un système de domination politique (comme le capitalisme) qui organise une distribution des pouvoirs dans la société en fonction du genre (là où le capitalisme va faire de même en fonction de la classe). Le patriarcat est à l’origine de l’hétérosexisme (donc de l’homophobie), du sexisme, mais aussi de la transphobie et de l’intersexophobie.

Grosso merdo, le patriarcat institue un système un peu complexe qui se construit en plusieurs étapes :

  1. Le patriarcat institue deux classes de sexe qu’il souhaite hermétiques : les mâles et les femelles. On classe les individus dans une de ces deux classes selon des observations physiques dont les critères ont été socialement/culturellement construits (si le bébé a un pénis, pof ce sera un mâle; si le bébé n’en a pas, pof ce sera une femelle).
  2. Ensuite, le patriarcat assigne à ces classes une identité de genre. Cette identité de genre, le patriarcat la souhaite fixe et en concordance avec la classe de sexe. Très vite après avoir qualifié le bébé de mâle ou femelle, on va dire de lui que c’est un garçon ou une fille, parler de lui en il ou elle, avant même que ce dernier puisse dire « je suis un garçon » ou « je suis une fille ».
  3. Une fois l’identité de genre assignée, le patriarcat assigne des rôles sociaux. Ces rôles sont par exemple le courage pour les garçons, la douceur pour les filles, mais aussi un rôle maternel et calme pour la fille/femme et un rôle protecteur et viril pour le garçon/homme.
  4. Enfin, le patriarcat termine sa petite besogne en amenant les hommes et les femmes à s’aimer, à entretenir des rapports sexuels et à faire des gosses : c’est l’injonction à l’hétérosexualité.

Seulement, le patriarcat n’aboutit pas qu’à une différenciation (création en plusieurs étapes de deux catégories), mais aussi à une hiérarchisation (on différencie pour que l’une des parties soit au dessus de l’autre). Cette hiérarchisation conduit à créer des inégalités dans la société, produisant ainsi les discriminations que l’on connaît.

En premier lieu, il y a l’hétérosexisme (qui comprend l’homophobie). On en a beaucoup parlé, cette oppression naît de l’étape 4 : quand l’injonction à l’hétérosexualité ne donne rien sur nous, alors on en fait les frais socialement.

En second lieu, il y a le sexisme : l’inégalité entre les hommes et les femmes. Ces inégalités peuvent être économiques, politiques et sociales. Le sexisme apparaît à l’étape 3 de notre petite liste. En effet, l’assignation des différents rôles font que les hommes sont favorisés socialement et que les femmes non. Le sexisme produit une domination social, politique et économique des hommes sur les femmes.

En troisième lieu, il y a le cissexisme qui survient à l’étape 2. Certaines personnes, quand ils grandissent, ressentent un genre qui n’est pas celui qu’on leur a assigné à la naissance : ce sont les personnes transgenres. Chez ces personnes, le genre ressenti peut être binaire (homme ou femme), comme non-binaire. Ne pas pouvoir se conformer à cette étape conduit à subir de la transphobie (qui peut survenir dans la vie d’une personne trans sous plein de formes différentes).

En dernier lieu, il y a l’intersexophobie intervenant à l’étape 1. Les personnes intersexes sont les personnes qui à la naissance ne correspondent pas à l’une des deux boîtes de sexe « mâle » et « femelle ». Comme ça emmerde bien les médecins, ces derniers préfèrent les mutiler (c’est à dire les opérer et/ou leur imposer des traitements hormonaux) pour que leur corps ressemble à un corps « idéal » de mâle ou de femelle. Cette violence sourde dans notre société continue d’exister et laisse des médecins mutiler toujours plus de jeunes intersexes chaque année…

Le patriarcat est donc un système politique, social et économique dans lequel l’homophobie a sa place. Comme expliqué dans Le rôle historique de la famille hétérosexuelle, le capitalisme se sert du patriarcat pour fonctionner. Ainsi, si on veut renverser le patriarcat (pour renverser le capitalisme), il est nécessaire de combattre aussi bien l’homophobie, que le sexisme, la transphobie ou l’intersexophobie.

Les conséquences du capitalisme dans un contexte patriarcal

le capitalisme oblige tou·te·s les prolétaires à décrocher un emploi et à se battre pour qu’il soit bien rémunéré. Sinon, on tombe rapidement dans la précarité. Seulement, dans un contexte patriarcal, s’élever socialement se complique quand la société nous tend des obstacles sexistes, homophobes ou transphobes. Ainsi, le capitalisme atteint directement les femmes et les minorités de genre. Son renversement est donc nécessaire pour avancer dans la lutte contre le patriarcat et se rapprocher de l’émancipation sociale des femmes et minorités de genre.

Ainsi, en tant que gay, aucune grande victoire politique, ni renversement du pouvoir, ne pourra être possible sans être solidaire de toutes les personnes qui subissent les violences patriarcales. Il est donc primordial d’aider à lutter contre la transphobie, le sexisme ou même l’intersexophobie, tout en travaillant en parallèle à comprendre comment notre propre comportement participer à ces formes d’oppression.

La prise en compte des autres systèmes d’oppression

Le patriarcat et le capitalisme ne sont pas les seuls systèmes de domination. Il en existe d’autres, comme par exemple le racisme ou le validisme5. Pour une lutte globale, il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des oppressions, pour différentes raisons.

Déjà, par solidarité : la convergence des luttes doit être encouragée, elle est nécessaire pour faire corps et renverser plus efficacement l’ordre actuel. Aussi, car plusieurs de ces oppressions peuvent traverser un seul et même individu. En effet, certaines personnes se trouvent au carrefour de plusieurs oppressions : les femmes noires au carrefour du sexisme et du racisme, les gays handicapés au carrefour du validisme et de l’homophobie, etc. Comprendre cette particularité signifie adopter une lecture intersectionnelle.

Militez !

Après ce gros bloc d’information, vous comprenez peut-être l’importance d’adopter une analyse radicale des rapports sociaux et d’adopter une approche politique révolutionnaire pour en finir avec les injustices et violences de notre société.

Gays de tout horizon, soulevez vous contre celles et ceux qui nous oppressent, contre les patrons qui nous exploitent, contre la police, la justice et l’armée qui nous répriment. Critiquez ce qu’on vous apprend, manifestez pour contester, faites grève pour bloquer la production, bloquez votre fac ou lycée pour exiger un enseignement gratuit et critique. Expérimentez de nouvelles formes de famille, rejetez autant la virilité que la performance sexuelle, testez de nouvelles formes de masculinité. Créez des groupes militants, partagez vos idées, fondez des médias alternatifs, laissez libre cour à votre imagination.

Bref, militez !

César


1. B. de Boysson définit la famille nucléaire comme un « ensemble de deux personnes liées par une volonté de former une communauté matérielle et affective, potentiellement concrétisée par une relation sexuelle conforme à la loi ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_nucl%C3%A9aire

2. Une injonction peut s’apparenter à un ordre, un commandement, existant dans la vie sociale. https://fr.wikipedia.org/wiki/Injonction

3. Je parle ici de « corps-identité » car l’un des effet du patriarcat est d’assigner les individus à une classe de sexe et à une identité de genre d’un côté similaire : soit mâle/masculin, soit femelle/féminin.

4. Hétérosexisme, sur Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9t%C3%A9rosexisme

5. « Oppression vécue par les personnes vivant en situation de handicap physique ou mental. » Définition du validisme sur Wikitionnaire https://fr.wiktionary.org/wiki/validisme

3 réflexions sur “Pour une lutte révolutionnaire contre l’homophobie

  1. Salut, l’article est intéressant mais je suis un peu en désaccord sur un point. Pour moi ce n’est pas le capitalisme qui provoque, ou du moins entretiens l’homophobie. Le capitalisme n’est “qu’un” modèle économique de société. Il n’est que l’expression de la domination d’une classe, les bourgeois, sur les autres. Historiquement la bourgeoisie a toujours été ethnocentriste et conservatrice. Si elle refuse tout progrès, c’est par peur de bousculer l’ordre social dont elle estime mériter leur place on the top.
    On pourrait abolir la propriété privée et passer au communisme (sous toutes ses déclinaisons), cela ne changera rien car l’idéologie conservatrice perdurera au travers de l’élite bourgeoise, devenue l’élite administrative (par exemple).
    C’est donc à mon avis d’abord le patriarcat et ses valeurs qu’il faut détruire, avant de s’attaquer au capitalisme, si l’objectif est de mettre un terme à homophobie ou la transphobie.

    1. « Ainsi, si on veut renverser le patriarcat (pour renverser le capitalisme) ». Je pense qu’il est nécessaire de faire les deux, car malgré leur autonomie, ces deux systèmes éco/sociaux/politiques s’influencent (c’est l’objet de mon article). Après, dans l’hypothèse où on passerait dans un système communiste, oui les représentations et la stigmatisation homophobes continueraient d’exister, mais cela ne signifie pas qu’ainsi le capitalisme n’a pas de lien avec l’émergence de l’hétérosexisme (plus que de l’homophobie) dans la société.

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