Pour mettre fin à l’impérialisme du droit international

Face au drame écologique et sociale que nous vivons, certain.e.s font du droit et donc notamment du droit international un outil “miracle” qui pourrait tou.t.e.s nous sauver. C’est en tout cas ce que veut nous faire croire la classe dirigeante notamment par la sacralisation dans les médias des COP (on en est déjà à la 25ème, faudrait peut-être arrêter les conneries). Le but de cet article est de montrer que non seulement cette argumentaire est un enfumage, mais qu’en plus le droit international n’est que le miroir d’un monde divisé, hiérarchisé et finalement dévasté par le neo-libéralisme.

Ne nous étendons pas sur l’inéficacité actuelle du droit dans la protection de la biodiversité et dans la lutte contre les différentes pollutions. Elle saute aux yeux et s’explique par plusieurs facteurs simples : accords non contraignants, droit fait par les Etats capitalistes pour eux-mêmes, souveraineté absolue du droit “des accords commerciaux” dans la hiérarchie du droit international (pression populaire ou non, comme le montre le CETA par exemple). En bref le droit se fout pas mal de l’écologie, et ce n’est pas la naissance du droit international de l’environnement dans les années 1970 qui changent les choses : principes trop vagues et bafoués dès qu’il y a un interêt économique contraire. Les applications réelles du droit font juste en sorte de réduire un peu les effets négatifs sans remettre en question les causes profondes. Les avancées sont donc minces et leur insuffisance est claire. (Youhou les pétroliers ont désormais deux coques!! Euhh et on fait quoi là y a une plateforme pétrolière qui a explosé, on lui en met trois??)

L’idée est plutôt par cet article de casser le mythe qui veut que “ça peut changer” sans révolutionner (au sens propre) le droit international. Pour cela il faut avoir une approche radicale (prendre le problème à la racine quoi). Pour cela il est capital (oups pas ce mot, nonnn) de se mettre en tête que le droit international n’a rien d’international et qu’il est un vestige de l’impérialime occidental et du colonialisme. En effet, il s’est construit pendant la période de la colonisation et priviligie donc les puissances dominantes de l’époque ( qui sont toute aussi dominantes aujourd’hui tmtc).

Outre les avantages concrets qu’il offre, il impose aussi une vision occidental du droit international et est ainsi le reflet de ce que doivent être les relations internationales selon les pays capitalistes les plus riches et les plus puissants : des relations de domination. Il s’agit de relations de domination d’abord sur les autres peuples, mais aussi sur la Nature : les éléments qui la composent sont des “vulgaires ressources” à exploiter au même titre que les humain.e.s.

Origine colonialiste, on est bon, primauté du commerce, on est bon, les rapports de domination, c’est encore validé… Qu’est-ce qui nous manque?? Peut-être un peu de domination masculine pour avoir le mélange le plus nauséabond possible.

Suffisait de demander, pour cette partie on peut se contenter de lire le passage qui suit pour comprendre en quoi le droit international (de l’environnement) place au dessus de tout des solutions occidentales, masculines et “scientifique” pour tenter de “réduire la pollution” sans jamais remettre en question l’expansion du commerce international libéralisé qui en est à l’origine. Ce passage est issu de l’article de Mayrand Hélène intitulé Déconstruire et repenser les fondements du droit international de l’environnement (1) :

Les approches écoféministes et TWAIL (approche tiers-mondiste du droit) ont également critiqué le droit international de l’environnement comme étant essentiellement basé sur la science et la technique occidentale. Les auteures écoféministes dénoncent le fait que le savoir issu de la scientificité se présente comme neutre et universel, maître de la rationalité et de l’objectivité, et dévalue par conséquent toutes autres formes de savoir, particulièrement ancestral. Les auteures écoféministes critiquant ce paradigme voient dans l'”hégémonie de la science et de la technologie occidentale” une subordination des savoirs féminisés au profit des savoirs masculinisés, menant à de nombreux problèmes de mise en œuvre du droit international de l’environnement dont les effets néfastes auraient un impact disproportionné sur les femmes et les cultures non occidentales. “

Le droit international actuel est une branche pourrie de l’arbre mondial calciné par le capitalisme libéralisé. S’appuyer dessus pour essayer de résoudre la crise globale que nous vivons c’est la certitude de faire perdurer (jusqu’à l’effondrement) une société pourrie dont partout nous voyons les signes du rejet. N’attendons rien des traités internationaux, ils ne protègent et ne protègeront pas les intérêts du vivant, soyons en conscient.e.s et tirons en les conclusions nécessaires. Vive la révolution !

(1) Mayrand Hélène, déconstruire et repenser les fondements du droit international de l’environnement. In : Revue Québécoise de droit international, volume 1-1, 2018. Hors-série septembre 2018 – Terre à terre : Environnement et approches critiques du droit. pp 35-39;

Armand

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