APPEL À TOUS.TES LES ÉTUDIANT.E.S (ET LES AUTRES <3)

Les gens du Squat du Marais vous invitent toustes à venir y passer les vacances du 21 octobre au 1er novembre.

Une forte vigilance est annoncée pour une menace d’expulsion durant ces vacances et notamment le jour du Mardi.

En réaction des petits déjeuners y sont organisés chaque matin à partir de 5h30 et il y aura du monde toute la journée pour celleux qui pourront y rester.

Ce lieu emblématique est le refuge de 250 exilé.e.s (dont environ une soixantaine d’enfants) contre la précarité extrême, il est aussi un territoire fertile d’innovations politiques et de réappropriation commune et solidaire de la ville contre la propriété privée et l’individualisme systémiques.

Rugir invite tous les étudiant.e.s (et les autres <3) à venir sur place à toute heure, matin comme après-midi, pour être présent.e.s avec les gens du lieu face à la menace d’expulsion par les forces de l’ordre.

Il est possible que nous nous organisions chacun.e dans notre filière à nous relayer et à récupérer nos cours respectifs pour nous les envoyer les uns les autres.

Il est également possible de réviser, de s’amuser, de lire, de manger et de dormir sur place, le faire tous.tes ensemble peut être une perspective intéressante.

Dans un pays où notre quotidien est forcément aliéné par le travail et ses contraintes, les étudiant.e.s disposent d’un privilège à faire valoir pour engager leur temps dans une dimension politique.

Nous nous devons de perpétrer cet héritage politique dans une époque où la privatisation du monde s’accentue et nous réduit à un individualisme systémique qui peut tendre à neutraliser notre engagement politique.

Le Marais est un lieu de convergence où se créent des différences qui donnent une consistance incommensurable à la notion de vivre-ensemble contre les politiques de contrôle, comme cette politique de la ville de Caen, qui travaillent à éteindre ces différences conflictuelles pour ériger une ville où se produit seulement de l’étrangeté entre des individus atomisé.e.s.

Nous ne pouvons rester impuissant.e.s et laisser ce fascisme rampant prendre de l’ampleur.

Le Marais représente tout l’inverse : pratiques et propriété communes, dignité politique, solidarité entre de nombreuses cultures, laboratoire de survie contre la précarité extrême, entraide entre personnes de tous âges, l’âme du Marais porte un idéal que l’on ne peut laisser disparaître par la violence froide de la Préfecture.

Le social se mêle au politique et l’assistance communément définie entre toustes se fait par des visages, alors que le social-assistantiel public actuel se fait par des chiffres.

Les exilé.e.s présent.e.s sur place comptent sur nous pour défendre leur lieu d’habitation à leur côté alors qu’iels sont sous la menace d’une expulsion « à la rue » en pleine saison hivernale.

Comme une habitante nous le disait il y a quelques mois : « L’union fait la force, c’est bien ça ? »

Nous ne voulons pas que cet appel soit compris comme une injonction morale à défendre le Marais avec nous, mais plutôt comme une invitation à reprendre sa dignité politique en mains alors que la servitude ordinaire devient jour après jour de la servitude volontaire dans une époque de crise écologique, de crise des inégalités et de crise du sens visant à éradiquer les différences.

On vous attend à toute heure dès 5h30 pour défendre le Marais, on vous y accueillera avec grand plaisir, même si vous ne savez pas trop quoi y faire ou que vous ne savez pas trop qui y rencontrer, votre présence sera fondamentalement importante pour nous épauler dans cette aventure, et réciproquement.

Si vous avez des questions à ce sujet ou pour vous organiser, vous pouvez nous contacter par MP.

PS : Peut être que certain.e.s pensent que d’autres places seront possibles à trouver dans d’autres squats : ce n’est pas le cas.

Alors que la Préfecture et leurs instruments policiers déploient un arsenal particulièrement important pour surveiller et évacuer le Marais, la politique de la ville Caennaise concentre quasiment tous ses moyens pour la « résorption » des squats.

A ce propos le lexique atroce mais très révélateur de la « conquête » est explicitement utilisé par les représentant.e.s municipaux pour accomplir ces objectifs.

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