Les différentes unités du “maintien de l’ordre” (Le Petit Manuel de l’Émeute – Tome II)

Temps de lecture estimé : 20 minutes

Ca y est, tu as lu le tome 1 du petit manuel de l’émeute, tu es choqué·e des armes de la police, tu te dis (à raison) que tous les flics sont des bâtards, bref t’es chaud·e bouillant·e. C’est bien, mais attends un peu de lire le tome 2 pour être encore plus efficace en émeute : iels ne sont pas toustes dans les mêmes unités et n’agissent pas de la même façon. Voici par conséquent une présentation de ces unités pour que tu saches à quoi t’en tenir.

« Les CRS »

On entend tout le temps parler de « CRS » pour les gros bourrins casqués qui tabassent en manifestation. En fait ce n’est pas si simple, il existe plusieurs unités différentes à l’équipement similaire. Le meilleur moyen de les distinguer, c’est en regardant leurs casques :

Les “CRS” ne sont pas toustes CRS
Bandes jaunes sur le casque ? CRS !
Des CRS plus chauds, plus chauds, plus chauds que leurs lacrymo !

Origines : Ce corps de la police a été créé en 1944. En fait il existait déjà avant sous le nom de GMR (Groupe Mobile de Réserve) créé par… Pétain. A la fin de la guerre on s’est donc dit que, garder les GMR, c’était un peu abusé mais que d’un autre côté ils étaient quand même bien utiles à l’Etat. Du coup, GMR est devenu CRS et voilà, ni vu ni connu je t’embrouille ! Quand on le dit que CRS=SS…

Missions : Iels font tout : maintien de l’ordre, lutte contre la délinquance, le terrorisme ou l’immigration irrégulière (tous ces mots me brûlent les doigts). Iels surveillent même les plages l’été pour se rincer l’œil sauver des gens de la noyade.

Stratégie de maintien de l’ordre : Iels agissent regroupés en ligne. Leur but est de nasser la manifestation (si possible de faire plusieurs petites nasses en coupant le cortège). Mais qu’est-ce qu’une nasse ? En gros iels vont essayer de te boucher toutes les issues pour que tu te retrouves bloqué·e (avec le reste de la foule). Iels font alors sortir les gens au compte-goutte et procèdent ainsi à des fouilles et des interpellations.

Pour te mettre en mouvement et ainsi essayer de t’envoyer dans leurs pièges, ils utilisent les armes à leur disposition (cf le tome 1), marchent d’un pas décidé vers le groupe de manifestant·e·s en frappant sur leurs boucliers avec leurs tonfas ou en faisant des « bonds offensifs ». Un bond offensif c’est lorsqu’ils se mettent tous à courir en ligne en hurlant.

Ca fait peur, pourtant il ne faut pas s’inquiéter : avec tout leur équipement, les CRS sont très lourds et ne peuvent pas courir bien longtemps. C’est pour cela que l’on parle de « bonds » : ils font un bond de quelques dizaines de mètres avant de s’arrêter à nouveau. Evite simplement d’être juste devant elleux lors d’un bond offensif car iels ne se gêneront pas pour t’arrêter s’iels le peuvent.

Signes distinctifs : Le casque ! Il est noir avec des bandes jaunes (une devant, deux derrières). Iels ont également l’écusson des CRS :

Ecusson des CRS

Dans le dos ils ont des numéros et des lettres (A, B, C) exemple : 1A, 3B, 2C etc. Le chiffre c’est le numéro de la section (environ 15-20 flics par section). Le 1A est ainsi dans la section 1, le 3B dans la section 3 et le 2C dans la section 2. La lettre quant à elle correspond à leur poste (on parle de groupe tactique) : ce sont les C qui commandent la section. Ainsi les 1C commandent la section 1. D’ailleurs on ne dit pas A, B, C mais Alpha, Bravo, Charlie. C’est pour se la péter et montrer qu’iels connaissent l’alphabet phonétique de l’OTAN.

Le numéro de la compagnie est, quant à lui, noté derrière le casque. Une compagnie comporte 130 agents (il y en a 60 à l’échelle nationale).

Si tu veux te marrer un peu sur les CRS, tu peux regarder le reportage “CRS, combattants de l’ordre“. Il date un peu mais il est fabuleux tant tous les clichés sont réunis.

Casque bleu ? GM !
Des gendarmes Mobiles faisant preuve d’un immense sang-froid

Origines : Créés en 1921, les Escadrons de la Gendarmerie Mobile (de leur vrai nom) sont l’équivalent des CRS mais en version gendarmes (militaires).

Missions : Comme les CRS, à la différence près qu’iels peuvent être envoyé·e·s en mission extérieure.

Stratégie de maintien de l’ordre : Comme les CRS mais avec un peu plus de moyens : des compagnies blindées ou des drones peuvent être appelés en renfort.

Signes distinctifs : Le casque bleu et l’inscription « GENDARMERIE » dans le dos.

Bandes bleues sur le casque ? CSI, CDI et CI !
Vraisemblablement un gentil policier de la CI qui soigne un méchant casseur qui est tombé en glissant sur une peau de banane.

J’ai choisi de regrouper ensemble la CSI, la CDI et la CI car c’est un peu la même chose : la CDI est une unité départementale, la CI est spécifique à Paris, la CSI c’est l’équivalent de la CDI mais en région parisienne (pour faire simple).

Mais au fait ça veut dire quoi ces acronymes-là ?

CSI = Compagnie de Sécurisation et d’Intervention

CDI = Compagnie Départementale d’Intervention

CI = Compagnie d’Intervention

Missions : Ces compagnies n’agissent qu’à l’échelle d’un département contrairement aux GM ou aux CRS qui se déplacent dans toute la France. Elles servent avant tout au maintien de l’ordre mais plus mobiles que les CRS ou les GM, elles se consacrent davantage aux interpellations.

Stratégie de maintien de l’ordre : Un peu comme les CRS mais vont davantage au contact. La CSI, contrairement à la CI est également appuyée par des agents en civil.

Signes distinctifs : Les bandes bleues (une devant et deux derrière) sur le casque, l’absence d’inscription dans le dos sont caractéristiques de la CI. Les CSI/CDI, elles, ont « POLICE » d’écrit dans le dos. Leur casque porte souvent les deux bandes bleues mais elles peuvent également être équipées de casque sans bande.

Capture d’écran d’une vidéo montrant ce policier de la CSI (pas de bande sur le casque) frapper des manifestants enfermés dans une cave à cigares à Paris le 1er Mai 2019 (clique sur la photo pour voir la vidéo).

Bon maintenant jouons un peu voir si tu as compris les subtilités de ces différentes unités :

Les unités très mobiles

La BAC   
Les gentils bacqueux (les policiers de la BAC quoi), jouant aux cow-boys avec les manifestant·e·s

Origines : La BAC apparaît dans les années 70 à Paris et en Seine Saint-Denis. En 1994, l’ignoble Charles Pasqua (un fils de flic ça n’étonnera personne), les généralise à l’échelle nationale.

Missions : Directement inspirée de la police coloniale…………………………..…     (Je fais une pause dans l’écriture pour que tu puisses aller vomir)   ……………….……la Brigade Anti-Criminalité a pour rôle la lutte contre la délinquance dans les milieux populaires (un héritage de la police coloniale sans doute, quand on est bacqueux on préfère cogner les personnes racisées).

Leur taf c’est le flagrant délit, l’action, courir derrière les malfaiteur·euse·s et les interpeller. Iels appliquent donc exactement la même logique en maintien de l’ordre.

Stratégies de maintien de l’ordre : La violence. Iels arrivent en courant comme des bourrins. Iels cognent, tirent au LBD sur tout ce qui bouge et essaient d’attraper tout ce qui passe à leur portée. Même si tu n’as rien fait tu dois te méfier de ces chiens de Pasqua.

Signes distinctifs : Iels sont en civil, ont des casques de police ou non, un brassard orange avec l’inscription « POLICE » et, normalement, leur RIO (le matricule composé de 7 chiffres) sur le brassard. Bien souvent iels se cagoulent car iels savent que si des manifestant·e·s les retrouvent en dehors de leur service, iels se feront casser les genoux tant tout le monde les déteste. (Sauf à Caen où tout le monde les déteste mais où, étrangement, iels ont le courage de commettre leurs méfaits à visages découverts).

Attention toutefois à ne pas confondre, comme je le disais plus haut, car la CSI a aussi des agents en civil qui ont à peu près le même rôle que la BAC. En revanche celleux-ci ont des casques avec des bandes bleues et, souvent des gilets « police » au lieu de brassards.

Attention, la CSI/CDI/CI peut également se trimballer en civil, ce ne sont pas pour autant des bacqueux

Les bacqueux aiment également se faire des écussons pour créer un sentiment d’appartenance entre tous ces tocards. Ca montre leur créativité et leur mentalité pourrie. Ainsi, la BAC de Lorient a récemment fait polémique en choisissant un sous-marin nazi comme symbole (face à la polémique, un autre symbole va être choisi, pourquoi pas deux éclairs côte à côte, ce serait esthétique ?)

Plusieurs BAC ont des écussons scandaleux. A ce petit jeu, la BAC de Rennes et leur écusson représentant la mort avec l’inscription « Surveiller et punir » fait froid dans le dos. Iels revendiquent ainsi les meurtres policiers comme des punitions, comme s’ils étaient légitimes dans un pays qui a aboli la peine de mort…

L’écusson de la bac de Lorient qui a récemment fait scandale #NosBacqueuxOntDuTalent
Quand la bac de Rennes reconnait que la police assassine et en fait un motif de fierté #NosBacqueuxOntDuTalent
Le PSIG
Un gendarme du PSIG

Créé en 1975, le Peloton de Surveillance et d’Intervention de la gendarmerie est l’équivalent de la BAC pour la gendarmerie. Ce sont à peu près les mêmes missions et les mêmes méthodes : la recherche du flagrant délit. La grande différence c’est qu’on ne voit que rarement le PSIG en manifestation, car les manifestations sont plus généralement en zone estampillées « police ».

Toutefois on peut les croiser lors du blocage d’un rond-point ou en bloquant les ferrys à Ouistreham (le genre d’actions sympatoches qui nous manquent).

Il y a aussi une grande différence entre le PSIG et la BAC du point de vue de l’apparence. La BAC se promène en civil là où le PSIG arbore fièrement son uniforme de la gendarmerie marqué « PSIG ».

La BRAV-M
L’élite des bouffons : la BRAV-M !

Avec la BRAV-M on atteint des sommets dans la violence gratuite, ils feraient presque passer la BAC pour des enfants de chœur.

Origines : On les doit aux manifestations des gilets jaunes. Face à la détermination des révolté·e·s même la BAC se trouvait débordée. Alors on a choisi les plus cons de la BAC et de la BRI (donc là, ça bat des records, on n’a pas des génies face à nous), les plus violents aussi puisque la seule chose qu’ils savent faire c’est effectivement être violents (pas besoin d’écriture inclusive pour eux, je n’ai toujours vu que des mecs dans ces unités ultra virilistes) et on a créé le DAR pour Détachement d’Action Rapide.

Ca a très bien fonctionné : on se souvient tous des superbes images du Fouquet’s en feu (et non ce n’était pas des palets de lacrymo qui l’ont enflammé, il faut arrêter avec cette fake news).

L’un des meilleurs souvenirs de l’année. Quiconque était là le 16 mars, au moment où la toile rouge commençait à flamber a une pensée émue pour ce moment magique.

Alors on pensait avoir battu le gouvernement qu’il ne pourrait pas faire mieux niveau violence, qu’on avait gagné. Perdu ! Sur les cendres du DAR, a été créée la BRAV-M pour Brigades de Répression de l’Action Violente Motorisées. En gros on a pris le DAR, on l’a foutu sur des motos en y ajoutant également quelques CSI et bingo. Et ça, c’est rudement efficace.

Cette nouvelle unité s’inspire en fait très largement des voltigeurs. Cette unité de flics en motos, créée par le ministère de Charles Pasqua (tiens le revoilà celui-là !), a assassiné Malik Oussekine en 1986, le battant à mort à coups de matraques. Les sources d’inspiration de l’actuel gouvernement ne peuvent qu’inquiéter.

Missions : Casser des gueules, interpeller au maximum, étouffer toute contestation.

Stratégies de maintien de l’ordre : La violence, juste la violence. Le reportage de BFMTV aujourd’hui malheureusement disparu de Youtube (de la pure propagande évidemment) datant des débuts de la BRAV le montrait bien, le capitaine y lançait tranquillement à ses hommes : « Allez les gars ! Si on voit des manifestants on attaque ! ».

C’est ainsi que des manifestant·e·s marchant sur un trottoir en chantant peuvent se faire charger et tabasser directement, sans sommation, alors qu’iels attendent que le feu piéton passe au vert pour pouvoir traverser (je l’ai vu de mes yeux).

Signes distinctifs : Tu veux savoir à quoi ressemblent ces gibiers de potence ?

Bah le jour où tu verras des flics cagoulés et casqués arriver en moto en hurlant, que tu sentiras ton sang se glacer, ton cœur s’accélérer brutalement et tes jambes devenir molles comme du coton, alors c’est que tu seras face à la BRAV-M.

Un troupeau de la BRAV-M en recherche d’une proie à tabasser à mort
Les motard·e·s
Les motard·e·s n’aiment pas beaucoup les trottinettes

On ne va pas s’attarder longtemps sur elleux cars iels ne servent pas à grand-chose (des flics qui ne servent à rien, pléonasme). On les voit surtout pour escorter les cortèges ou faire du repérage dans les villes où il n’y a ni drone, ni hélicoptère. Iels peuvent bien sûr t’interpeller mais en général, si tu arrives à convaincre un groupe suffisamment conséquent (une dizaine de personnes par motard·e) de les charger en courant et en hurlant, iels prennent peur pour leur bécane et repartent à toute vitesse.

Il faut juste que tu évites de leur jeter des trottinettes comme ça a été fait à Paris car ils paniquent et sortent alors leur arme de service.

La police et gendarmerie montée
Le numéro 13- ANARCHIE MON AMOUR est toujours en tête mais il est suivi de près par le 12-NIQUE LES KEUFS ET BRULE LA PREF. Le numéro 1-STIFO DU FUTUR est disqualifié pour allures. Finalement le 13 résiste au retour du 12, voici l’arrivée définitive : 13-12

Origines : Les brigades équestres sont mises en place par la DGPN (Direction Générale de la Police Nationale) ou par la préfecture de police de Paris. Sinon dans la vraie France, ça dépend des polices municipales. Il y a des brigades équestres à Toulouse, Beauvais, Nantes ou Tarbes notamment.

Missions : Dans le cadre du maintien de l’ordre les chevaux peuvent être utilisés pour bloquer certaines rues du fait de leur stature imposante, ils sont aussi très rapides quand ils vous chargent (croyez-moi avoir une demi-douzaine de chevaux qui vous fonce dessus c’est effroyablement impressionnant) permettant ainsi des interpellations originales et, en plus, ils sont plus populaires auprès du grand public qu’une compagnie de CRS.

Si tu tombes sur la brigade équestre, t’as pas grand-chose à faire, fuis ! Mais un cheval ça court vite alors difficile de le battre à la régulière. C’est pourquoi je te conseille la roublardise : s’iels se rapprochent trop près, tente de changer brusquement de direction ! Sur les pavés, les fers du cheval adhèrent moins bien que tes baskets.

Bon t’as une chance sur deux pour te faire percuter par le cheval, tomber et mourir piétiné·e mais au moins tu seras mort·e avec panache et on se souviendra de ton sacrifice camarade !

Signes distinctifs : Euh… Y a un cheval, c’est pas suffisant pour les reconnaitre ? Si tu veux voir à quoi ça ressemble, tu as cette vidéo de propagande qui n’est pas mal :

Les sous-marins

Les « RG »
“Dan”, “Rose”, “Rose des sables” ou “Clara”. Une raclure de RG qui a infiltré le mouvement des gilets jaunes pour inciter les gens à commettre des infractions et ainsi procéder à des interpellations

Origines : RG c’est pour « Renseignements Généraux ». En réalité ça a changé de nom en 2008, maintenant on parle de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI).

Missions : En gros ce sont des poucaves. Iels sont là pour faire du renseignement, ficher les gens, identifier les meneur·euse·s, lesquel·le·s sont les plus dangereux·euses etc.

Stratégies de maintien de l’ordre : Pour mener à bien leur mission, iels s’infiltrent dans les réseaux et poussent les gens à agir pour pouvoir interpeller comme l’incroyable histoire de Clara.

Iels espionnent également les portables (tu peux être sur écoute si tu le mérites à leurs yeux, mais iels enregistrent aussi ta position, qui tu fréquentes, les réseaux sociaux leur sont très utiles pour ça).

Sinon, la plupart du temps lors des manifs syndicales où iels se savent en sécurité, iels se promènent tranquillement sur le trottoir à côté de la manif pour alerter leur hiérarchie de ce qu’il s’y passe.

Signes distinctifs : Tu les reconnais à leurs questions insistantes, à leurs lunettes de soleil même en janvier et au talkie-walkie qui dépasse de la poche.

Tu peux aussi te méfier si on vient t’aborder sur les réseaux sociaux tout en finesse comme ici : 

Les RG sont toujours très discret·e·s et difficilement repérables car iels s’infiltrent parfaitement incognito dans les mouvements. Je suis d’ailleurs peut-être moi-même RG et je fiche les gens qui lisent cet article. D’ailleurs tu pourrais m’envoyer ta photo ? C’est pour ta fiche S.

M’enfin, celleux que tu remarques, ce sont les plus mauvais·es. Leur objectif est justement de passer inaperçu·e·s, tu n’es pas censé·e les griller.

Toutefois, si tu en reconnais un·e (ou même si tu as des doutes) pendant une manif, préviens tes camarades de lutte. Ca peut leur éviter des broutilles. Normalement les RG n’interpellent pas les gens (interpeller serait se griller), mais iels peuvent donner des signalements pour que les personnes se fassent interpeller ensuite. Dans un cas d’urgence, où leur couverture n’est plus la priorité, iels sont habilité·e·s à t’interpeller (donc évite de sortir ta kalash d’un buisson sous leurs yeux pendant la prochaine guérilla urbaine).

Un RG peut en cacher un autre. Les RG n’aiment pas être débusqué·e·s (ici un RG crachant sur Gaspard Glantz après avoir été repéré).
La BAC

Encore elleux ! Eh oui, iels en profitent d’être en civil pour se glisser dans les cortèges. J’en ai déjà vus avec des T-shirts « Anarchie » ou des gilets jaunes. Ne sois jamais seul·e, iels auront plus de mal à t’interpeller en plein milieu du cortège (mais bon ce n’est pas impossible non plus hein, c’est une mesure dissuasive qui a ses limites).

Un T-Shirt typique de bacqueux (personne de sérieux·se ne se pointe en manif avec ce genre de T-Shirts)

Les solides Kastars*

*Du flamand qui signifie « type », une référence à la chanson de Tichke « Dans la police » :

La BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention)
Là je ne fais pas de blague, je ne dis rien de méchant, Je n’ai pas envie qu’une douzaine de kastars cagoulé·e·s, et sur-entraîné·e·s viennent péter ma porte à 6h du matin. Je n’aime pas me lever tôt.

Dans les manifs parisiennes il n’est pas rare de trouver la BRI (aussi connue sous le nom d’antigang). Iels font le même taf que la BAC mais sont plus costaud·e·s, donc fais gaffe, iels cognent potentiellement plus fort.

On les a notamment vus dans le DAR et la BRAV-M.

Les GBGM
Les véhicules blindés du GBGM sont de bien belles machines <3

Le Groupement Blindé de Gendarmerie Mobile, qui a pour devise « Parfois brutal, toujours loyal » (ça en dit long sur leur mentalité…), ne sort que dans les périodes de crise (gilets jaunes, affrontements à la zad de Notre Dame Des Landes). Son rôle est de déglinguer les barricades et de projeter du gaz CS hyper concentré avec ses gros blindés. Pas grand-chose à ajouter à son sujet, ce sont des GM mais en mieux équipé·e·s.

D’autres unités

En cas de nécessité, quand l’état vacille (comme pendant le mouvement des gilets jaunes), tout·e flic est susceptible d’être appelé·e en renfort. On peut donc trouver de tout dans les forces de l’ordre assurant du maintien de l’ordre.

Ainsi, certains éléments de la police scientifique, par exemple, ont été mobilisé·e·s pendant les manifestations des gilets jaunes pour faire du renseignement (n’ayant aucune formation en “maintien de l’ordre“). On pouvait alors les voir, caché·e·s derrière d’autres unités de types CDI, CSI, CRS etc pour filmer les manifestant·e·s et permettre, par la suite de retrouver certain·e·s “perturbateur·rice·s“. Comme quoi, vraiment tous les flics sont des bâtards.

Toustes les flics peuvent potentiellement servir au maintien de l’ordre. Tout dépend à quel point le pouvoir se sent en danger
Les « pacifiques »

Ce n’est pas une unité de police en tant que tel, mais iels agissent parfois comme des forces de l’ordre. Ainsi, on a déjà vu plusieurs fois (et ce fut le cas lors du G7) les « pacifiques » empêcher des manifestants d’agir comme bon leur semblait (en se positionnant devant des biens matériels pour les protéger par exemple) ou, pire, balancer leur compagnon·ne·s de lutte trop « enragé·e·s » à la police. Ces comportements inacceptables méritent bien qu’on se moque un peu d’elleux. Voici donc un reportage sur des pacifiques parmi d’autres :

Bon voilà, maintenant tu connais les différentes armes de la police, les différentes unités que tu peux rencontrer pendant une manif, tu es en bonne voie pour devenir un·e excellent·e petit·e émeutier·e ! Pourtant il te reste encore quelques leçons à apprendre avant de te lancer dans la fête véritable. C’est pourquoi tu dois lire le prochain tome à paraître : Se rendre en manif et y agir ! A lundi prochain !

Récap’ des tomes précédents :

I- Les armes de la police, s’en protéger

Les tomes suivants :

III – Aller en manif et y agir

IV – Je me suis fait·e interpeller, que faire ?

Une réflexion sur “Les différentes unités du “maintien de l’ordre” (Le Petit Manuel de l’Émeute – Tome II)

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